FT-CI

Afrique du Sud : la police ouvre le feu sur les mineurs en grève causant plus de 30 morts

Assassins ! Le pire crime contre les travailleurs depuis la fin d’apartheid

18/08/2012

Par Yann Le Bras

Plus de 30 personnes ont été tuées dans les affrontements de jeudi entre grévistes et policiers dans une mine de platine dans le Nord-Ouest de l’Afrique du Sud. Le massacre a eu lieu le sixième jour de la grève des mineurs dans les opérations de la Marikana Plc propriété britannique Lonmin, la troisième plus grande société mondiale de l’exploitation de platine.Ces décès s’ajoutent aux dix survenus dans les violences entre syndicats depuis dimanche sur ce site minier, où plusieurs centaines de grévistes réclamaient d’importantes augmentations de salaire. Les salaires des mines de platine sont parmi les plus bas en Afrique du Sud, et la charge de travail des mineurs a peu changé leurs conditions depuis la fin de l’apartheid il y a près de deux décennies. Comme le décrit Le Monde : « Les mineurs, qui vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante, touchent environ 4 000 rands par mois (400 euros). Ils demandaient de très importantes augmentations de salaire, jusqu’à 1 250 euros par mois. "Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus ã notre aide ", avait déclaré l’un d’eux mercredi, Thuso Masakeng, "les societes minières font de l’argent grâce ã notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux ã cause des salaires de misère" [1].

Avant d’abattre les mineurs en grève, quelque 3.000 d’entre eux s’étaient rassemblés sur une colline surplombant la mine, la police a essayé de les chasser les encerclant avec du fil de rasoir et utilisant des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et de canons ã eau. C’est dans la confusion créée par ces attaques que une colonne de mineurs armés de machettes et des bâtons se sont approchés d’une ligne de policiers armés avec des armes automatiques. En ce moment les policiers ont mitraillé les travailleurs sans défense. Leur désespoir, produit de leurs conditions de vie, est éloquent : « Le porte-parole du syndicat des mineurs, Lesiba Seshoka, a déclaré à la chaîne d’information continue eNews que le président de l’AMCU, le petit syndicat qui avait appelé à la grève, avait tenté de persuader les mineurs de reprendre le travail, en vain. "Ils lui ont dit qu’ils étaient prêts ã mourir (...) qu’ils n’avaient pas l’intention de bouger, qu’ils allaient appeler leurs enfants à les rejoindre" sur la colline où ils sont regroupés depuis lundi » [2].

La répression sauvage, qui a donné lieu ã des comparaisons avec les massacres perpétrés par le régime de l’apartheid ã Sharpeville, en 1960, ou de Soweto en 1976, a été réalisée avec le soutien total de l’African National Congress (ANC) qui est au pouvoir en ce moment et le soutien du plus important syndicat, l’Union nationale des mineurs (NUM), qui a travaillé avec la direction de la mine et le gouvernement pour briser la grève.

Sous-jacents au conflit est le défi lancé à la NUM par un syndicat dissident, l’Association des mineurs et de la construction de l’Union (AMCU), qui a organisé une partie importante de travailleurs qui sont mécontents de la NUM ã cause de la subordination des intérêts des mineurs ã ceux des propriétaires de mines et le gouvernement de l’ANC. Ces défections de syndicats affiliés à l’ANC sont symptomatiques de l’agitation croissante au sein de la classe ouvrière et du ressentiment intense ã cause des niveaux d’inégalité sociale dans l’Afrique du Sud, qui sont parmi les plus élevés dans le monde.

Toute ceci montre que le démantèlement de l’apartheid était en réalité un « guépardisme » [3] noir pour sauver le pouvoir Blanc. Pendant les années 1980 la mobilisation et l’activité de la classe ouvrière Noire était si intense qu’elle commençait ã menacer la domination de la bourgeoisie Blanche. Celle-ci ne pouvait pas empêcher l’utilisation de répression seulement . L’impérialisme américain a noté que la situation ne pouvait être maintenue comme avant. Le gouvernement des États-Unis exercé une forte pression sur le gouvernement de De Klerk (président de Afrique du Sud a tel moment) et d’autres représentants de la classe dirigeante blanche pour les forcer ã accepter certaines concessions comme une « règle de la majorité" (noir) avec des cordes attachées importantes. L’accord entre De Klerk et l’adresse du Congrès national africain (ANC), a été de former un gouvernement de compromis avec les représentants de toutes les parties, conduit par Mandela. La direction de l’ANC, en particulier Mandela, a accepté de composer un gouvernement avec la classe dirigeante Blanche en échange de leur intégration dans celle-ci. Ils ont dit que rien de fondamental ne changerait avec eux. Les dirigeants de l’ANC, quant ã eux, ont décidé d’accepter l’application des politiques d’ajustement sur l’économie, domaine du capital Blanc, (no seria au bénéfice du capital Blanc ?) en échange qu’aucune mesure soit prise contre les responsables des crimes contre le peuple dans le passé, et ainsi de suite. En d’autres termes, ils ont convenu ã un abandon complet, en échange d’un règlement des aspects formels de l’apartheid, sans lesquels la transition n’aurait pas pu avoir lieu.

Maintenant il faut faire un vrai changement social : une révolution ouvrière et socialiste non seulement contre la bourgeoisie Blanche mais aussi contre ses lieutenant, le ANC.

  • NOTAS
    ADICIONALES
  • [1Le Monde 16.08.2012

    [2Idem

    [3« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change », expression qui provient du roman Le Guépard, de Giuseppe Tomasi

Notes liées

No hay comentarios a esta nota

Journaux

  • EDITORIAL

    PTS (Argentina)

  • Actualidad Nacional

    MTS (México)

  • EDITORIAL

    LTS (Venezuela)

  • DOSSIER : Leur démocratie et la nôtre

    CCR NPA (Francia)

  • ContraCorriente Nro42 Suplemento Especial

    Clase contra Clase (Estado Español)

  • Movimento Operário

    MRT (Brasil)

  • LOR-CI (Bolivia) Bolivia Liga Obrera Revolucionaria - Cuarta Internacional Palabra Obrera Abril-Mayo Año 2014 

Ante la entrega de nuestros sindicatos al gobierno

1° de Mayo

Reagrupar y defender la independencia política de los trabajadores Abril-Mayo de 2014 Por derecha y por izquierda

La proimperialista Ley Minera del MAS en la picota

    LOR-CI (Bolivia)

  • PTR (Chile) chile Partido de Trabajadores Revolucionarios Clase contra Clase 

En las recientes elecciones presidenciales, Bachelet alcanzó el 47% de los votos, y Matthei el 25%: deberán pasar a segunda vuelta. La participación electoral fue de solo el 50%. La votación de Bachelet, representa apenas el 22% del total de votantes. 

¿Pero se podrá avanzar en las reformas (cosméticas) anunciadas en su programa? Y en caso de poder hacerlo, ¿serán tales como se esperan en “la calle”? Editorial El Gobierno, el Parlamento y la calle

    PTR (Chile)

  • RIO (Alemania) RIO (Alemania) Revolutionäre Internationalistische Organisation Klasse gegen Klasse 

Nieder mit der EU des Kapitals!

Die Europäische Union präsentiert sich als Vereinigung Europas. Doch diese imperialistische Allianz hilft dem deutschen Kapital, andere Teile Europas und der Welt zu unterwerfen. MarxistInnen kämpfen für die Vereinigten Sozialistischen Staaten von Europa! 

Widerstand im Spanischen Staat 

Am 15. Mai 2011 begannen Jugendliche im Spanischen Staat, öffentliche Plätze zu besetzen. Drei Jahre später, am 22. März 2014, demonstrierten Hunderttausende in Madrid. Was hat sich in diesen drei Jahren verändert? Editorial Nieder mit der EU des Kapitals!

    RIO (Alemania)

  • Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica) Costa Rica LRS En Clave Revolucionaria Noviembre Año 2013 N° 25 

Los cuatro años de gobierno de Laura Chinchilla han estado marcados por la retórica “nacionalista” en relación a Nicaragua: en la primera parte de su mandato prácticamente todo su “plan de gobierno” se centró en la “defensa” de la llamada Isla Calero, para posteriormente, en la etapa final de su administración, centrar su discurso en la “defensa” del conjunto de la provincia de Guanacaste que reclama el gobierno de Daniel Ortega como propia. Solo los abundantes escándalos de corrupción, relacionados con la Autopista San José-Caldera, los casos de ministros que no pagaban impuestos, así como el robo a mansalva durante los trabajos de construcción de la Trocha Fronteriza 1856 le pusieron límite a la retórica del equipo de gobierno, que claramente apostó a rivalizar con el vecino país del norte para encubrir sus negocios al amparo del Estado. martes, 19 de noviembre de 2013 Chovinismo y militarismo en Costa Rica bajo el paraguas del conflicto fronterizo con Nicaragua

    Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica)

  • Grupo de la FT-CI (Uruguay) Uruguay Grupo de la FT-CI Estrategia Revolucionaria 

El año que termina estuvo signado por la mayor conflictividad laboral en más de 15 años. Si bien finalmente la mayoría de los grupos en la negociación salarial parecen llegar a un acuerdo (aún falta cerrar metalúrgicos y otros menos importantes), los mismos son un buen final para el gobierno, ya que, gracias a sus maniobras (y las de la burocracia sindical) pudieron encausar la discusión dentro de los marcos del tope salarial estipulado por el Poder Ejecutivo, utilizando la movilización controlada en los marcos salariales como factor de presión ante las patronales más duras que pujaban por el “0%” de aumento. Entre la lucha de clases, la represión, y las discusiones de los de arriba Construyamos una alternativa revolucionaria para los trabajadores y la juventud

    Grupo de la FT-CI (Uruguay)