FT-CI

Le retour de Sarkozy : rien de nouveau sous le soleil !

23/09/2014

Le retour de Sarkozy : rien de nouveau sous le soleil !

Ce jeudi, Sarkozy a annoncé sur son compte facebook son « retour » à la politique française. Avec cette décision, à la différence du retour de De Gaulle en 1958, l’histoire se répète d’emblée comme tragédie et comme farce.

Sarkozy espérait apparaître comme le sauveur de la France, exactement comme cela s’était produit avec le retour du Général De Gaulle en 1958 face à la crise politique et étatique produite par la guerre d’Algérie, et aux courts-circuits engendrés dans les institutions et le système des partis. Pourtant, son retour se fait par la petite porte.

L’ex-président s’est vu obligé de revenir batailler pour les primaires de l’UMP qui auront lieu le 29 novembre prochain, destinées ã élire son président. Ce n’est pas le scénario rêvé pour Sarko qui s’imaginait lui-même comme la dernière carte en France face à l’approfondissement de la crise économique, de la crise politique ouverte dans le gouvernement de Hollande et dans la Vème République [1] , dans le contexte d’une avancée de l’extrême droite de Marine Le Pen, dont le parti est devenu depuis les élections européennes le premier de l’Hexagone.

La course d’obstacles de l’ex-président est en effet énorme.

Convoqué dans les tribunaux pour des cas de corruption, il n’est pas surprenant qu’il ait nommé comme directeur de campagne Frédéric Péchenard, un « grand flic ». Péchenard a été le Directeur Général de la Police National (DGPN) sous sa présidence et a fait une longue carrière dans la police judiciaire. Il avait déjà nommé un autre flic, Michel Gaudin (ancien préfet de la police de Paris et ex-DGPN) comme directeur de son cabinet après sa défaite de 2012. Avec cette « garde prétorienne » il cherche ã se protéger et s’informer de l’évolution de cette avalanche d’affaires. Au niveau interne, il retrouve un parti en faillite économique et traversé par une guerre des chefs des plus intestines, mais également divisé sur les orientations politiques fondamentales, que ce soit par rapport à l’Europe ou au cadre d’alliances ã réaliser pour freiner la poussée du FN. Cela n’est pas par hasard que dans son long communiqué posté sur facebook, il ne nomme jamais son parti, affirmant seulement postuler comme candidat à la présidence de sa « famille politique » : « Je proposerai de la transformer de fond en comble », il ajoute, « de façon ã créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera ã tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité. »

S’il gagne ces primaires, il devra ensuite affronter son principal adversaire interne, Alain Juppé, ancien premier ministre, qui s’est déjà présenté comme candidat de l’organisation conservatrice pour les présidentielles de 2017. Le candidat officiel à la présidentielle sera désigné, également par des primaires, en 2016. Les derniers sondages indiquent que seul Sarkozy ou Juppé seraient capables de bloquer l’accès au pouvoir de l’ultra-droitière Marine Le Pen à la présidence de la République au second tour si les élections avaient lieu aujourd’hui.

Le retour anticipé de Sarkozy est une expression du climat délétère de la vie politique française, dont témoignent conjointement la toute dernière conférence de presse tenue par Hollande, ridicule par ses démonstrations d’impuissance et de faiblesse, la crise de la droite traditionnelle, et l’avancée de l’extrême droite. Il pensait revenir à la politique aux primaires de 2016, et lancer une campagne politique éclair. Selon le quotidien Le Monde, ses conseillers pensaient qu’il avait toutes les raisons de rester retiré de la vie politique le plus longtemps possible pour ainsi se reconstruire une virginité politique dans l’opinion publique. Mais l’antisarkozisme étant si présent dans la population (les politiques d’Hollande sont vues par la majorité de la classe ouvrière et des secteurs populaires comme comparables, sinon pires que celles de Sarkozy), il prend aujourd’hui ce risque pour tenter d’incarner l’objectif idéal de tous ces opposants. Dans les couloirs de l’Elysée, le retour de l’ex-président a été vécu comme un soulagement. Il pourrait en effet constituer une cible facile pour un PS très affaibli, qui pourrait l’utiliser pour dire qu’eux ne font pas de l’austérité, que l’austérité c’est Sarkozy, et que si celui-ci revient, ce sera pour liquider le « modèle social » français.

Pourtant, ces dernières décennies, les uns et les autres, en alternance, détruisent toujours plus ce « modèle social ». De toutes ces manœuvres politiques, seule Le Pen peut sortir renforcée, c’est pourquoi il est urgent d’avancer une alternative ouvrière et populaire capable d’affronter les différents partis de la bourgeoisie française.

Notas relacionadas

No hay comentarios a esta nota

Periódicos

  • EDITORIAL

    PTS (Argentina)

  • Actualidad Nacional

    MTS (México)

  • EDITORIAL

    LTS (Venezuela)

  • DOSSIER : Leur démocratie et la nôtre

    CCR NPA (Francia)

  • ContraCorriente Nro42 Suplemento Especial

    Clase contra Clase (Estado Español)

  • Movimento Operário

    MRT (Brasil)

  • LOR-CI (Bolivia) Bolivia Liga Obrera Revolucionaria - Cuarta Internacional Palabra Obrera Abril-Mayo Año 2014 

Ante la entrega de nuestros sindicatos al gobierno

1° de Mayo

Reagrupar y defender la independencia política de los trabajadores Abril-Mayo de 2014 Por derecha y por izquierda

La proimperialista Ley Minera del MAS en la picota

    LOR-CI (Bolivia)

  • PTR (Chile) chile Partido de Trabajadores Revolucionarios Clase contra Clase 

En las recientes elecciones presidenciales, Bachelet alcanzó el 47% de los votos, y Matthei el 25%: deberán pasar a segunda vuelta. La participación electoral fue de solo el 50%. La votación de Bachelet, representa apenas el 22% del total de votantes. 

¿Pero se podrá avanzar en las reformas (cosméticas) anunciadas en su programa? Y en caso de poder hacerlo, ¿serán tales como se esperan en “la calle”? Editorial El Gobierno, el Parlamento y la calle

    PTR (Chile)

  • RIO (Alemania) RIO (Alemania) Revolutionäre Internationalistische Organisation Klasse gegen Klasse 

Nieder mit der EU des Kapitals!

Die Europäische Union präsentiert sich als Vereinigung Europas. Doch diese imperialistische Allianz hilft dem deutschen Kapital, andere Teile Europas und der Welt zu unterwerfen. MarxistInnen kämpfen für die Vereinigten Sozialistischen Staaten von Europa! 

Widerstand im Spanischen Staat 

Am 15. Mai 2011 begannen Jugendliche im Spanischen Staat, öffentliche Plätze zu besetzen. Drei Jahre später, am 22. März 2014, demonstrierten Hunderttausende in Madrid. Was hat sich in diesen drei Jahren verändert? Editorial Nieder mit der EU des Kapitals!

    RIO (Alemania)

  • Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica) Costa Rica LRS En Clave Revolucionaria Noviembre Año 2013 N° 25 

Los cuatro años de gobierno de Laura Chinchilla han estado marcados por la retórica “nacionalista” en relación a Nicaragua: en la primera parte de su mandato prácticamente todo su “plan de gobierno” se centró en la “defensa” de la llamada Isla Calero, para posteriormente, en la etapa final de su administración, centrar su discurso en la “defensa” del conjunto de la provincia de Guanacaste que reclama el gobierno de Daniel Ortega como propia. Solo los abundantes escándalos de corrupción, relacionados con la Autopista San José-Caldera, los casos de ministros que no pagaban impuestos, así como el robo a mansalva durante los trabajos de construcción de la Trocha Fronteriza 1856 le pusieron límite a la retórica del equipo de gobierno, que claramente apostó a rivalizar con el vecino país del norte para encubrir sus negocios al amparo del Estado. martes, 19 de noviembre de 2013 Chovinismo y militarismo en Costa Rica bajo el paraguas del conflicto fronterizo con Nicaragua

    Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica)

  • Grupo de la FT-CI (Uruguay) Uruguay Grupo de la FT-CI Estrategia Revolucionaria 

El año que termina estuvo signado por la mayor conflictividad laboral en más de 15 años. Si bien finalmente la mayoría de los grupos en la negociación salarial parecen llegar a un acuerdo (aún falta cerrar metalúrgicos y otros menos importantes), los mismos son un buen final para el gobierno, ya que, gracias a sus maniobras (y las de la burocracia sindical) pudieron encausar la discusión dentro de los marcos del tope salarial estipulado por el Poder Ejecutivo, utilizando la movilización controlada en los marcos salariales como factor de presión ante las patronales más duras que pujaban por el “0%” de aumento. Entre la lucha de clases, la represión, y las discusiones de los de arriba Construyamos una alternativa revolucionaria para los trabajadores y la juventud

    Grupo de la FT-CI (Uruguay)