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Précarité du travail : les enseignements du syndicalisme brésilien
14 Jun 2015 | Entre le 4 et 7 juin s´est tenu le IIe Congrès national de la CSP (Centrale Syndicale et Populaire) -Conlutas, centrale syndicale créée en 2010 après la rupture de différents syndicats avec la CUT (Centrale Unique des Travailleurs) et en opposition ã son attachement au gouvernement du Parti des Travailleurs. Aujourd’hui, d´importants syndicats en (...)
Précarité du travail : les enseignements du syndicalisme brésilien

Pablo Darbant

Entre le 4 et 7 juin s´est tenu le IIe Congrès national de la CSP (Centrale Syndicale et Populaire) -Conlutas, centrale syndicale créée en 2010 après la rupture de différents syndicats avec la CUT (Centrale Unique des Travailleurs) et en opposition ã son attachement au gouvernement du Parti des Travailleurs. Aujourd’hui, d´importants syndicats en font partie – comme le syndicat des travailleurs du métro de São Paulo ou celui de la métallurgie de São José dos Campos. Dans une situation marquée par des attaques de la part du gouvernement de Dilma Roussef ce IIe Congrès était le moment pour le syndicat de faire le point sur ses cinq ans d´existence et pour s´armer au niveau du programme. Un travail fait ã moitié.

Avec la participation de 1702 délégués, représentant 373 organisations syndicales, le congrès a pu être l’expression d´une réorganisation syndicale en opposition au gouvernement. Il n’est pas anodin qu´une délégation d´enseignants en grève ã São Paulo comme au Paraná y ait participé. Parmi les discussions les plus importantes, la lutte contre les mesures austéritaires de Dilma, qui précarisent chaque jour un peu plus la vie des travailleurs au Brésil.

Néanmoins, la présence de différentes organisations syndicales en opposition au gouvernement ne s´est pas traduite par une claire dénonciation du rôle des centrales syndicales patronales ni de la CUT. Comme résolution centrale, le Congrès a adressé un manifeste aux différentes centrales syndicales, dont la CUT et Força Sindical, qui propose l´unification des luttes contre le gouvernement sans rompre avec la politique de dialogue systématique ou l’attitude de collaboration avec le patronat. Est-ce que les travailleurs peuvent faire confiance aux centrales qui ont, depuis plus de 12 ans, aidé le gouvernement ã orchestrer toutes sortes d’attaques, pour qu´elles prennent en charge l´unification des luttescontre ce même gouvernement ? Les deux journées de grève générale de cette année n´ont pas vu le jour grâce aux « bonnes intentions » de la bureaucratie, bien au aucontraire.

Pour l´incorporation de tous les intérimaires : un débat qui doit toujours « mûrir »

Si les gouvernement de Lula et Dilma ont réussi ã maintenir les taux de chômage dans la limite du « raisonnable », cela a pu se faire grâce à la hausse des contrats intérimaires, dans le privé comme dans le public. Malheureusement, la CSP-Conlutas n´a toujours pas pris de résolution qui permettrait ã ses différents syndicats d´organiser la lutte contre la précarisation du travail.

Lors des pléniers finaux du congrès, une des organisations présentes – « Pão e Rosas » – a présenté une proposition pour l´incorporation de tous les intérimaires : pour que ceux qui travaillent dans le privé ils aient un emploi en CDI ; pour que ceux qui travaillent dans le public soient incorporés sans être obligés de passer un concours. Ce programme permettrait de construire une solidarité entre travailleurs sur emplois stables et intérimaires en empêchant que la lutte contre la précarisation ne se traduise par plus de licenciements.

Mais, au prétexte que le débat sur l´incorporation des intérimaires devait encore « mûrir », la direction de la CSP-Conlutas a refusé cette proposition. Depuis sa fondation la centrale propose toujours de « fairemûrir » ce débat et repousse l’échéance, refusant d´adopter une résolution plus concrète que la simple « lutte contre les contrats intérimaires ». Pour une organisation syndicale qui prétend être une alternative aux attaques du gouvernement, adopter une telle résolution devrait pourtant être une priorité.

En France comme au Brésil, organiser la lutte contre la précarisation du travail
La lutte contre les contrats en intérimaire et contre les différentes formes de précarisation du travail – la bourgeoisie est toujours très créative quand il s´agit d´exploitation – concerne aussi les travailleurs français. Dans les boîtes, les contrats en CDI sont de plus en plus rares et la classe ouvrière française est, de plus en plus, obligé d’enfiler les contrats en CDD ou d’intérim. À PSA Mulhouse, la direction vient de licencier 450 intérimaires, suite à la décision de faire passer la production en mono-flux. Les contrats intérimaires sont justement faits pour que le patronat puisse se débarrasser des travailleurs comme bon lui semble. Unir les travailleurs, qu’ils soient en CDI ou contrats précaires, en postes stable ou intérimaires, c’est la seule solution pour pouvoir faire barrage aux attaques des gouvernements, au Brésil comme en France, et pour que les travailleurs ne payent pas la crise de leur peau.

 

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