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	<title> Fracci&#243;n Trotskista Cuarta Internacional </title>
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		<title>Un caillou dans la chaussure de Hollande ou un pav&#233; contre le gouvernement ?</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Robertovi&#196;&#8225;, Nolw&#235;n Michel</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Les affrontements entre CRS et opposants au projet de construction du gigantesque a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ont remis au go&#251;t du jour des images de gu&#233;rilla qui rappellent les luttes contre l'extension de la base militaire du Larzac ou encore contre l'implantation de la centrale nucl&#233;aire de Plogoff en Bretagne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.ft-ci.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3274 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.ft-ci.org/local/cache-vignettes/L500xH359/arton358-2ff51.jpg?1701654497' width='500' height='359' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Fran&#231;ois Robertovi&#196;&#8225; et Nolwen Michel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les affrontements entre CRS et opposants au projet de construction du gigantesque a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) ont remis au go&#251;t du jour des images de gu&#233;rilla qui rappellent les luttes contre l'extension de la base militaire du Larzac ou encore contre l'implantation de la centrale nucl&#233;aire de Plogoff en Bretagne. A ceci pr&#234;t que deux &#233;l&#233;ments diff&#232;rent fondamentalement, et contribuent &#227; donner une importance particuli&#232;re au conflit dans le contexte actuel. Plogoff et le Larzac ont &#233;t&#233; des luttes embl&#233;matiques des ann&#233;es 1970, sous des gouvernements de droite, et auxquelles l'arriv&#233;e de Mitterrand au pouvoir en 1981 a mis fin en suspendant les projets. Aujourd'hui, c'est contre un gouvernement &#171; socialiste &#187; que manifestent les opposant au projet &#171; d'Ayraultport &#187;. Par ailleurs, cette lutte prend place alors que le gouvernement s'appr&#234;te &#227; mettre en &#339;uvre un programme de contre-r&#233;formes structurelles tr&#232;s radical voulu par le patronat. Dans ce cadre, la lutte de NDDL est aujourd'hui un caillou dans la chaussure de Hollande. Est-ce qu'elle pourrait se transformer en un v&#233;ritable pav&#233; contre ce gouvernement ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petit retour en arri&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1963 : Premier projet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'a&#233;roport est n&#233; d'une initiative de la DATAR datant de 1963, et d&#232;s 1968, le site de Notre-Dame-des-Landes est identifi&#233; comme site pr&#233;f&#233;rentiel. C'est la crise p&#233;troli&#232;re de la d&#233;cennie 1970, ainsi que l'Association de D&#233;fense des Exploitants Concern&#233;s par l'A&#233;roport (ADECA), cr&#233;&#233;e en 1972 par les agriculteurs s'opposant au projet d'implantation d'un a&#233;roport &#227; Notre-Dame-des-Landes qui mettront ce projet en veille pour de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2000 : Relance du projet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet est r&#233;activ&#233; en 2000 sous le gouvernement Lionel Jospin. Le choix du concessionnaire a &#233;t&#233; effectu&#233; par le ministre charg&#233; des Transports et l'attribution de la concession pour une dur&#233;e de 55 ans au groupement conduit par Vinci a fait l'objet d'un d&#233;cret en Conseil d'&#201;tat le 29 d&#233;cembre 2010. Cet appel d'offres comprend, outre le financement, la construction et la gestion de ce projet, l'exploitation des a&#233;roports de Saint-Nazaire /Montoir-de-Bretagne et Nantes Atlantique (ouvert pour Airbus industrie), jusqu'au transfert de son activit&#233; commerciale &#227; Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les premi&#232;res luttes&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'ADECA cr&#233;&#233;e en 1972, c'est l'ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concern&#233;es par le projet d'A&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes) qui est cr&#233;&#233;e en 2000, &#224; l'initiative de neuf riverains et regroupant en 2011 plus de 3300 adh&#233;rents. Le 8 d&#233;cembre 2007, la &#171; Coordination des associations oppos&#233;es au projet de nouvel a&#233;roport &#227; Notre-Dame-des-Landes &#187; voit le jour. Suivent des actions : gr&#232;ves de la faim, manifestations &#8230; Le 24 mars 2012, une manifestation r&#233;unissant l'ensemble des opposants au projet rassemble 3.000 personnes (selon la police), 10.000 selon les organisateurs et 200 tracteurs dans le centre de Nantes. Le 25 avril, Jean-Marc Ayrault (alors chef du groupe socialiste au palais-Bourbon et maire de Nantes), Jacques Auxiette et Philippe Grosvalet (Pr&#233;sident socialiste du Conseil G&#233;n&#233;ral de Loire Atlantique) &#233;crivent aux gr&#233;vistes de la faim... pour leur demander l'arr&#234;t de la gr&#232;ve et pour leur signifier que la p&#233;riode de d&#233;bat est close !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; (ZAD) du projet d'a&#233;roport est devenue depuis 2008 la &#171; Zone &#227; D&#233;fendre &#187; pour les groupes d'opposants, dont certains ont r&#233;cup&#233;r&#233; les nombreuses habitations d&#233;laiss&#233;es du fait du projet. Le mouvement s'amplifie en 2009 apr&#232;s le Camp Action Climat. Les occupants souhaitent &#171; profiter d'espaces laiss&#233;s &#224; l'abandon pour apprendre &#227; vivre ensemble, &#227; cultiver la terre, &#227; &#234;tre plus autonomes vis-&#224;-vis du syst&#232;me capitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Op&#233;ration C&#233;sar &#187; : Ayrault veut jouer &#224; la guerre des Gaules ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 octobre 2012, l'op&#233;ration &#171; C&#233;sar &#187; est lanc&#233;e. Elle consiste &#227; d&#233;loger les habitants de la ZAD et leurs soutiens. Plus de 1200 gendarmes et policiers interviennent, ainsi que deux h&#233;licopt&#232;res. N&#233;anmoins, la r&#233;sistance des manifestants pr&#233;sents est telle que l'op&#233;ration n'a qu'une port&#233;e limit&#233;e, permettant de d&#233;gager quelques points d'acc&#232;s mais augmentant consid&#233;rablement la sympathie pour le mouvement des opposants &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En lutte pour la r&#233;occupation&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui suivent, la mobilisation prend pour cible de nombreux locaux du Parti socialiste, &#227; Paris, Angers, Arles, Besan&#231;on, Bordeaux, Brest, Dijon, Douarnenez, La Rochelle, Limoges, Rennes, Millau et Tulle, notamment par l'inscription de slogans comme &#171; Non &#224; l'Ayraultport &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une manifestation de &#171; r&#233;occupation &#187; est par ailleurs organis&#233;e le 17 novembre 2012 ; la mobilisation est massive, pr&#232;s de 30.000 personnes s'&#233;tant rendues ce jour l&#224; sur les lieux, si bien que la zone est reprise et que la lutte de Notre Dame des Landes envahit les m&#233;dias, devenant un v&#233;ritable caillou dans la chaussure du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 novembre 2012, environ 500 gendarmes se lancent &#227; nouveau dans une importante op&#233;ration d'&#233;vacuation, visant &#227; d&#233;loger les opposants au projet de trois sites (Le Rosier, la Lande de Rohanne et la Ch&#226;taigneraie) occup&#233;s depuis plusieurs mois. Le pr&#233;fet d&#233;clare que cette op&#233;ration vise &#233;galement &#227; emp&#234;cher la reconstitution d'un camp retranch&#233;, et la fortification de celui-ci. Au matin, les gendarmes investissent tous les sites, et donnent 40 minutes aux opposants pour quitter les lieux. Sans r&#233;sultat : pour mener &#227; bien la r&#233;pression, les flics devront franchir le dispositif de d&#233;fense (tranch&#233;es, barricades..) mis en place par les occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me jour dans la soir&#233;e, une manifestation spontan&#233;e est organis&#233;e dans le quartier des minist&#232;res &#227; Paris. Ce d&#233;fil&#233; combatif faisait suite &#227; un rassemblement officiel devant l'Assembl&#233;e nationale en fin d'apr&#232;s midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 novembre, la lutte continue dans la zone du projet de l'a&#233;roport. Huit personnes sont interpell&#233;es et deux opposants et un gendarme sont bless&#233;s au cours des affrontements. Trois ministres PS du gouvernement Ayrault, Delphine Batho (Ecologie), Fr&#233;d&#233;ric Cuvillier (Transport) et St&#233;phane Le Foll (Agriculture), ont confirm&#233; dans un communiqu&#233; commun &#171; &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; de poursuivre le d&#233;roulement du projet de transfert de l'a&#233;roport de Nantes-Atlantique&lt;/i&gt; &#187; sur le site de Notre-Dame-des Landes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, une manifestation r&#233;unissant au moins 2.000 personnes d&#233;file dans Nantes, avant de se diriger vers la pr&#233;fecture, o&#249; la confrontation &#233;clate avec les CRS. Ceux-ci repoussent les manifestants avec des lances &#227; eau. Un CRS est hospitalis&#233; apr&#232;s avoir re&#231;u un pav&#233; au visage. Dans la m&#234;me apr&#232;s-midi, une centaine de personnes manifeste, et bloque temporairement le pont de Pierre. Le jour m&#234;me, Jean-Marc Ayrault annonce la mise en place d'une &#171; commission de dialogue &#187; afin &#171; d'entendre toutes les parties prenantes [...] dans un souci d'apaisement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des deux jours d'affrontements, une trentaine de personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es gravement. Des grenades assourdissantes ont &#233;t&#233; utilis&#233;es, plusieurs manifestants se retrouvent avec des &#233;clats de grenades log&#233;es dans le corps. Deux bless&#233;s ont notamment chacun dix &#233;clats de grenades dans les jambes. Un autre a &#233;t&#233; atteint de surdit&#233; brutale et a une plaie au tympan. D'autres ont des &#233;clats au bas-ventre. Une personne risque &#233;galement de perdre un &#339;il. Des flash ball ont &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233;es &#227; faible distance entra&#238;nant plusieurs c&#244;tes bris&#233;es chez certains manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mobilisation qui exprime la situation politique du moment&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation d'ampleur qui s'est jou&#233;e ces derni&#232;res semaines &#227; NDDL a la particularit&#233; de se d&#233;velopper en dehors des organisations de contention habituelles : bureaucratie syndicale, partis r&#233;formistes qui ont r&#233;ussi ces derniers mois &#227; emp&#234;cher la col&#232;re de s'exprimer sur les lieux de travail, malgr&#233; les multiples luttes contre les licenciements depuis septembre et alors que se pr&#233;parent des attaques extr&#234;mement brutales (rapport Gallois, comp&#233;titivit&#233;) avec la collaboration des directions syndicales, dans le contexte du &#034;tournant&#034; du gouvernement et des attaques brutales qui se pr&#233;parent. D'expression r&#233;gionale d'opposition &#227; un des aspects de la politique du PS, la lutte contre NDDL pourrait commencer &#227; jouer un v&#233;ritable r&#244;le de catalyseur de la col&#232;re sociale &#227; un moment o&#249; le gouvernement est en train d'op&#233;rer un tournant rapide &#227; droite de sa politique g&#233;n&#233;rale, mais o&#249; les terrains d'expression les plus directs de la conflictualit&#233; de classe sont encore contr&#244;l&#233;s. La lutte r&#233;v&#232;le par ailleurs la relative fragilit&#233; de ce gouvernement devenu tr&#232;s impopulaire, en mettant la pression sur son alliance avec Europe &#233;cologie &#8211; les Verts et sur la posture &#171; constructive &#187; que souhaite adopter le Front de gauche, avec un PCF Loire-Atlantique favorable au projet. Au centre de toute cette affaire, on retrouve le Premier ministre, directement expos&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#233;brilit&#233; se refl&#232;te dans l'ampleur prise par la r&#233;pression, qui a atteint dans le cadre de cette lutte un niveau particuli&#232;rement important. Un militant a par exemple &#233;t&#233; retenu 72 heures en garde &#227; vue pour avoir &#233;crit au feutre sur une permanence PS &#227; Paris, tandis que 77 personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es rue du Bac et emmen&#233;es dans des cars de police pour un contr&#244;le d'identit&#233; apr&#232;s la manifestation improvis&#233;e du 24 novembre. A Nantes et dans la ZAD elle-m&#234;me, c'est une arm&#233;e de flics qui a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;e. Aujourd'hui, c'est l'ensemble des organisations du mouvement ouvrier et populaire, &#227; commencer par les syndicats, qui devraient r&#233;clamer la fin de cette r&#233;pression scandaleuse, la lev&#233;e des poursuites et bien entendu l'arr&#234;t imm&#233;diat des poursuites contre les opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'impasse de la r&#233;ponse polici&#232;re, et pour &#233;viter que la contestation ne le fragilise davantage, Jean-Marc Ayrault a annonc&#233; en grande pompe une &#171; commission du dialogue &#187; qui n'est reconnue par personne d'autre que...le gouvernement lui m&#234;me. Il craint en effet qu'une opposition dans la dur&#233;e puisse donner lieu &#227; un point de fixation de l'opposition &#227; sa politique, un peu &#224; l'image de ce qu'est, depuis 2006 (sous un gouvernement de &#171; gauche &#187; &#224; l'&#233;poque), le mouvement &#171; No TAV &#187;, contre la liaison &#227; grande vitesse Turin-Lyon, dans la Vall&#233;e de Suse, en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre le pouvoir &#171; socialiste &#187; : gu&#233;rilla en Loire Atlantique ou r&#233;ponse de classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fait la force dans la dur&#233;e du mouvement No TAV en Italie ne doit pas cacher ses limites. R&#233;sister tant bien que mal &#224; l'avanc&#233;e progressive des pelleteuses ne veut pas dire sauver la vall&#233;e et encore moins en finir avec les politiques capitalistes de massacre de l'environnement qu'ont d&#233;fendues successivement, pour ce qui est de l'Italie par exemple, Prodi (centre-gauche), Berlusconi (centre-droit) et derni&#232;rement Monti (gouvernement technocratique d'union nationale). Le collectif de lutte contre l'a&#233;roport de NDDL tient ferme jusqu'ici dans son opposition au projet, et n'a c&#233;d&#233; ni devant la r&#233;pression ni devant la proposition (bien factice) de n&#233;gociations. Cela n'emp&#234;che pas de discuter de la strat&#233;gie qui est employ&#233;e dans cette bagarre. Le risque est en effet que la col&#232;re sociale catalys&#233;e par cette lutte s'essouffle du fait d'une strat&#233;gie erron&#233;e, qui ne permet pas de s'opposer aux projets du gouvernement &#227; NDDL ni ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vell&#233;it&#233;s de construction d'un nouvel a&#233;roport au Nord de Nantes et au Sud de Rennes sont &#227; elles seules une d&#233;monstration de la violence et de l'in&#233;galit&#233; intrins&#232;ques au capitalisme. D'une part, il s'agit de lib&#233;rer certains terrains aujourd'hui occup&#233;s par l'a&#233;roport Nantes Atlantique, pour permettre leur valorisation par de nouvelles constructions. L'ouverture de l'a&#233;roport de NDDL devrait aussi permettre de revaloriser l'immobilier des deux villes qu'il jouxtera, en les rendant plus attirantes car mieux connect&#233;es. Ayrault a ainsi pour ambition de contenter les propri&#233;taires nantais et b&#233;tonneurs hexagonaux et de donner &#227; sa ville une meilleure visibilit&#233; internationale. C'est au nom de cette politique que les habitants des terrains convoit&#233;s &#227; NDDL ont &#233;t&#233; expropri&#233;s. Mais il s'agit aussi pour lui d'ouvrir un march&#233; public gigantesque de 661 millions d'euros, une manne qui lui assurera les bons augures d'un grand nombre de patrons, &#227; commencer par le g&#233;ant du BTP Vinci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, s'opposer au projet va de soi. Et c'est l&#224; o&#249; doit commencer la r&#233;flexion strat&#233;gique. En la mati&#232;re, le collectif de lutte met en avant sa radicalit&#233;, les principes d'auto-organisation, ainsi que la n&#233;cessit&#233; d'une ind&#233;pendance radicale vis-&#224;-vis des organisations politiques : &#171; &lt;i&gt;Le 17 novembre aura lieu une manifestation de r&#233;occupation, pens&#233;e comme un moment de r&#233;action collective aux expulsions de squats sur la ZAD. Nous sommes des occupantEs de la ZAD. Nous ne sommes pas dans des logiques de parti. Nous ne croyons pas &#224; la pseudo-d&#233;mocratie et &#227; son jeu de repr&#233;sentation. Depuis quelques jours, les stars de la politique politicienne se relaient pour annoncer leur venue. Depuis quelques jours on n'entend plus qu'elles/eux. Nous ne voulons pas que toute l'attention se braque ce jour-l&#224; sur quelques t&#234;tes d'affiche qui ont d&#233;j&#224; tout l'espace m&#233;diatique pour s'exprimer, et qui ne foutront jamais les pieds sur la zone i'il n'y a pas 50 cam&#233;ras pour les accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons une manif d'opposant-e-s au projet d'a&#233;roport, pas un podium pour politicardEs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le refus de se laisser instrumentaliser par les partis politiques est tout &#227; fait juste, encore faudrait-il &#234;tre capable de distinguer parmi les organisations, la classe qu'elles d&#233;fendent. L'hostilit&#233; de certain-e-s militant-e-s de NDDL envers l'extr&#234;me gauche politique en g&#233;n&#233;ral et notamment contre le NPA &#233;tait ainsi totalement sectaire. Ce n'est pas, en effet, l'acc&#232;s aux m&#233;dias qui d&#233;termine le camp social auquel on appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En la mati&#232;re justement, et malgr&#233; toute la pression qu'elle met sur le gouvernement &#233;tant donn&#233;e la conjoncture, la lutte de NDDL ne d&#233;fend pas une strat&#233;gie &#224; la hauteur de ses objectifs, c'est-&#224;-dire capable de remettre en question la nature m&#234;me du projet d'a&#233;roport. Va-t-on, pour en emp&#234;cher la construction, r&#233;sister pied-&#224;-pied, avec camps retranch&#233;s et chausse-trappes dans les bois, sur le site ? Que fera-t-on si le gouvernement d&#233;place le projet ? Enfin, comment changer en profondeur la logique dans laquelle sont construites aujourd'hui les infrastructures de transports, qui ne cherche pas &#227; r&#233;pondre aux besoin r&#233;els de la majorit&#233; de la population ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#227; ces questions, il faut replacer la lutte de NDDL sur le terrain de la lutte des classes. Tout d'abord, la radicalit&#233; des manifestants, activistes et paysans, gagnerait en force en posant la question de l'implication de l'ensemble du mouvement ouvrier et populaire, &#227; commencer par ses organisations, &#227; cette bagarre. Seule une planification ouvri&#232;re et populaire des investissements d'infrastructure permettrait de se doter d'un syst&#232;me permettant &#227; chacun de se d&#233;placer selon ses besoins, tout en respectant les contraintes &#233;cologiques d'un monde profond&#233;ment fragilis&#233; par le capitalisme. C'est donc la nature m&#234;me de ce syst&#232;me qui est mise en question par cette bagarre, et non seulement la sauvegarde du &#171; pays nantais &#187;. En inscrivant leur combat dans le cadre de la lutte contre le capitalisme, qui traverse en plus aujourd'hui une crise historique, les milliers d'activistes courageux-ses et d&#233;termin&#233;-e-s qui s'y sont impliqu&#233;s pourraient devenir un puissant levier contre le projet d'a&#233;roport, mais &#233;galement contre ce gouvernement &#171; de gauche &#187; et plus largement les b&#233;tonneurs et le patronat. C'est ce dont Hollande et Ayrault ont peur. R&#233;ciproquement, la classe ouvri&#232;re doit se saisir de cette lutte qui pose la question du contr&#244;le sur les investissements, et catalyse aujourd'hui une opposition radicale au gouvernement. Les directions syndicales sont trop occup&#233;es &#224; l'id&#233;e de savoir si elles vont n&#233;gocier franchement ou du bout des l&#232;vres avec le gouvernement et le Medef. Ce n'est pas un hasard si elles n'ont pr&#234;t&#233; (ou se sont bien gard&#233; de pr&#234;ter) une quelconque attention &#227; cette lutte si m&#233;diatis&#233;e. Et pourtant, NDDL, c'est notre camp, et c'est notre avenir ! Une victoire contre le gouvernement ou un recul de Ayrault sur place serait un point d'appui tr&#232;s important dans les combats auxquels on va devoir faire face dans les prochains mois, sur l'emploi, les salaires, l'aust&#233;rit&#233; et le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Et maintenant, on attend quoi pour contrer les licenciements et l'aust&#233;rit&#233; de gauche ?</title>
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		<dc:date>2012-10-21T21:11:52Z</dc:date>
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		<dc:creator> Courant Communiste R&#233;volutionnaire - Plateforme Z dans le NPA , Nolw&#235;n Michel</dc:creator>


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		<dc:subject>Francia</dc:subject>

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&lt;a href="https://www.ft-ci.org/Movimiento-Obrero" rel="tag"&gt;Movimiento Obrero&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ft-ci.org/Analisis" rel="tag"&gt;An&#225;lisis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ft-ci.org/Francia-115" rel="tag"&gt;Francia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_3166 spip_documents'&gt;
&lt;img src='https://www.ft-ci.org/local/cache-vignettes/L500xH333/arton329-b8679.jpg?1702638618' width='500' height='333' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Nolw&#235;n Michel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mardi 9 octobre, nous &#233;tions plus de 90.000 &#227; manifester dans dix villes diff&#233;rentes, avec un cort&#232;ge de pr&#232;s de 20.000 personnes rien qu'&#224; Paris. Il y en avait autant &#227; Marseille, dans une ambiance extr&#234;mement combattive, le Sud-est &#233;tant particuli&#232;rement touch&#233;e par les licenciements. Dans la capitale, la cit&#233; phoc&#233;enne, mais aussi &#227; Bordeaux, &#227; Rennes ou encore au Havre, ce sont des milliers de drapeaux syndicaux, des centaines de bo&#238;tes, dont de nombreuses sont en lutte aujourd'hui pour d&#233;fendre les emplois et les salaires, qu'on a pu voir dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cort&#232;ges donnaient une bonne id&#233;e de l'&#233;tat d'esprit et du potentiel de radicalit&#233; et de mobilisation de la classe ouvri&#232;re aujourd'hui, avec &#227; Paris notamment la pr&#233;sence en t&#234;te de cort&#232;ge des travailleurs de l'automobile qui s'&#233;taient r&#233;unis le matin m&#234;me Porte de Versailles et s'&#233;taient affront&#233; avec les CRS qui leur barraient l'entr&#233;e du Salon de l'auto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la journ&#233;e du 9, appel&#233;e par la CGT, comme celle du 30, appel&#233;e fondamentalement par le Front de Gauche, avaient &#233;galement pour but de repositionner les deux directions politico-syndicales r&#233;formistes dans la phase politique actuelle, avec l'id&#233;e aussi de ne pas laisser le champ libre &#227; une possible radicalit&#233; ouvri&#232;re incontr&#244;l&#233;e, &#224; l'image de ce qui avait pu s'exprimer boite par boite lors des luttes contre les fermetures en 2009 (Conti, Caterpillar, Sony, Philips, etc.). Ce sont donc surtout les militants c&#233;g&#233;tistes que l'on a retrouv&#233;s dans la rue le 9, appuy&#233;s par quelques &#233;quipes de Solidaires &#227; Paris. Une d&#233;monstration de plus que c'est par la base que l'on r&#233;ussira &#227; construire l'unit&#233; n&#233;cessaire &#224; la riposte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un message clair d&#233;livr&#233; par les &#233;quipes syndicales mobilis&#233;es en d&#233;pit des limites impos&#233;es par la CGT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait &#227; redire sur l'organisation de la journ&#233;e, qui n'a pas seulement souffert du black-out m&#233;diatique mais &#233;galement de la frilosit&#233; c&#233;g&#233;tiste &#224; l'id&#233;e de mettre r&#233;ellement le paquet pour mobiliser. Il y aurait &#233;galement &#227; redire sur l'appel de la CGT, d&#233;fendant le slogan d'une &#171; nouvelle politique industrielle &#187;. Une telle revendication ne r&#233;pond en rien aux int&#233;r&#234;ts et aux revendications des travailleurs aujourd'hui attaqu&#233;s, qu'ils travaillent dans le secondaire ou dans les services d'ailleurs. Au contraire, elle s'adresse &#227; ceux qui poss&#232;dent les grandes entreprises, aux patrons qui ont beau jeu de se faire passer eux-aussi pour des victimes de la crise ou de la concurrence. Pour les salari&#233;s menac&#233;s, la question aujourd'hui est de d&#233;fendre leur emploi, leur salaire et leurs conditions de travail, et pas leur patron qui justement les attaque ! On voit bien que les milliards donn&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es pour sauver &#171; l'industrie &#187; n'emp&#234;chent pas le patronat de vouloir fermer aujourd'hui. Mais malgr&#233; l'ambigu&#239;t&#233; de cet appel, le message lanc&#233; par les &#233;quipes syndicales a &#233;t&#233; clair ce mardi : les banderoles, les pancartes, les slogans disaient tous leur refus des licenciements et leur ras-le-bol de l'aust&#233;rit&#233;. La d&#233;sillusion envers le gouvernement Hollande-Ayrault &#233;tait elle aussi tr&#232;s nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, dans le cort&#232;ge RATP, on scandait ainsi &#171; public, priv&#233;, m&#234;me combat ! &#187;, tandis que la CGT Argenteuil exigeait que Hollande respecte ses promesses concernant les retraites : &#171; 60 ans, &#227; taux plein, et pas un jour de plus, et pas un jour de moins ! &#187;. &#171; Aulnay, Mittal, Sanofi, interdiction, des licenciements &#187;, criaient quant &#227; eux les camarades du cort&#232;ge de la CGT 95. Parmi les manifestants, beaucoup avaient tr&#232;s certainement vot&#233; pour ce gouvernement en juin dernier, surtout avec l'id&#233;e de d&#233;gager Sarkozy. Mais la subordination explicite du pouvoir actuel au grand patronat depuis juillet dernier l'a fait depuis d&#233;gringoler dans les sondages, surtout chez les classes populaires attaqu&#233;es de toute part. La journ&#233;e de mardi dernier a mis la France au diapason des luttes des travailleurs et des jeunes de Gr&#232;ce, du Portugal ou encore de l'Etat espagnol contre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et quelles perspectives maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e de mobilisation, de m&#234;me que le rassemblement du matin devant le salon de l'auto, ne peuvent ni ne doivent rester lettre morte. Depuis la fin de l'&#233;t&#233;, et devant la col&#232;re qui monte, les directions syndicales freinent des quatre fers face &#227; toute &#233;ventualit&#233; de mobolisation un tant soit peu radicale et jouent la carte de la dispersion. C'est ainsi par exemple que l'appel des Ford-Blanquefort &#227; manifester au Salon de l'auto d&#232;s le 29 septembre au matin a m&#234;me &#233;t&#233; boycott&#233; par la CGT PSA qui a pr&#233;f&#233;r&#233; mobiliser &#227; Aulnay pour l'apr&#232;s midi Cit&#233; des 3.000 &#227; Aulnay, en arrivant m&#234;me &#227; refuser la parole aux copains de Ford qui &#233;taient pourtant arriv&#233;s en d&#233;l&#233;gation au cours du meeting avant de repartir pour Bordeaux. On songera &#233;galement &#224; la tentative de canaliser la r&#233;sistance sur le terrain institutionnel par M&#233;lenchon le 30 septembre, ou encore aux obstacles mis par la direction de la CGT &#224; la r&#233;ussite du rassemblement au salon de l'auto le 9 au matin, qui s'est fait malgr&#233; elle au final, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser contre les licenciements, les plans sociaux, le ch&#244;mage et l'aust&#233;rit&#233;, il faut exiger des organisations syndicales qu'elles rompent imm&#233;diatement avec leur posture conciliatrice vis-&#224;-vis de ce gouvernement. Le dialogue social ne sert actuellement qu'&#224; mieux faire passer les attaques, comme les accords comp&#233;titivit&#233; emploi et &#227; pr&#233;parer la r&#233;forme du travail dans le sens de la flexibilit&#233; qu'Hollande et Ayrault sont en train de concocter. C'est sur les lieux de travail, dans les &#233;quipes syndicales &#224; la base, qu'il faut commencer &#227; discuter comment s'organiser contre l'aust&#233;rit&#233;, comment combattre les licenciements et le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu, c'est une course de vitesse entre notre classe d'une part, et le patronat et le gouvernement de l'autre. Fid&#232;le &#224; leurs habitudes lorsqu'ils arrivent au pouvoir, les socialistes jouent la partition qui leur a &#233;t&#233; attribu&#233;eet qui consiste &#227; faire quelques promesses, semer quelques illusions dans nos rangs, pour mieux servir ensuite la soupe aux patrons en s'appuyant sur le soutien plus ou moins explicite des directions syndicales, enthousiastes en tout cas &#224; l'id&#233;e de retrouver leur place de &#171; partenaires &#187; dans le cadre du &#171; dialogue social &#187;. Le M&#233;def quant &#224; lui exerce une pression maximale sur le gouvernement pour obtenir le maximum d'attaques dans le d&#233;lai le plus bref. Le dernier exemple en date de la servilit&#233; du PS envers le patronat, c'est la mani&#232;re dont il vient de c&#233;der au lobby des &#171; pigeons &#187;, ces chefs d'entreprise qui s'opposaient aux (timides) mesures de taxations de leurs profits et revenus, &#224; l'image du patron de Free, qui pourtant n'est pas &#227; plaindre&#8230; C'est la huiti&#232;me fortune de France, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de pleurer mis&#232;re. Une preuve de plus qu'en envoyant en premi&#232;re ligne les petits roquets de la finance et des start-up, le Medef fait tout pour faire payer la crise aux exploit&#233;s, avec la complicit&#233; active du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que de notre c&#244;t&#233;, le temps presse pour organiser la r&#233;sistance. Ce mardi, on a pu voir la d&#233;termination et la radicalit&#233; de certains cort&#232;ges, comme celui des travailleurs de l'automobile, qui &#233;taient en t&#234;te de manifestation. Il y avait d'un c&#244;t&#233; les Renault Cl&#233;on et de l'autre les copains de PSA Aulnay, scandant &#171; Renault, PSA, m&#234;me combat &#187; et &#171; aujourd'hui dans la rue, demain dans les usines, interdisons les licenciements &#187;. Quant aux camarades d'a&#233;roports de Paris, leur banderole exigeait la &#171; nationalisation et socialisation &#187; de leur bo&#238;te. Les exemples pourraient &#234;tre multipli&#233;s. Ils montrent tous &#227; quel point un appel authentique &#227; se battre et &#227; se coordonner pourrait partir d'un de ces bastions ouvriers aujourd'hui sous le feu des attaques. Reste &#227; savoir si les courants politiques qui sont la force motrice de ces diff&#233;rentes bagarres en ont la volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/10/12&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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