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Disparus d’Ayotzinapa. Un an après, la lutte continue
par : Alexandra Dupont

18 Sep 2015 | Il y un an, les rues du Mexique commençaient à être inondées par des milliers de personnes dénonçant la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa aux cris de « C’est l’Etat » et « Peña Nieto dehors ! ». Le cas d’Ayotzinapa devenait ainsi emblématique car il exprimait le ras-le-bol des mexicains face à l’impunité ambiante. Depuis 2006 et sous couvert de « (...)
Disparus d’Ayotzinapa. Un an après, la lutte continue

Il y un an, les rues du Mexique commençaient à être inondées par des milliers de personnes dénonçant la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa aux cris de « C’est l’Etat » et « Peña Nieto dehors ! ». Le cas d’Ayotzinapa devenait ainsi emblématique car il exprimait le ras-le-bol des mexicains face à l’impunité ambiante. Depuis 2006 et sous couvert de « guerre contre les narco-trafiquants », on décompte plus de 190.000 morts, 35.000 disparu.e.s, 250.000 déplacé.e.s, et 2.400 cas de féminicides rien qu’entre 2012-2013.

“Ils les ont pris vivants, nous le voulons vivants”

Le massacre d’Iguala et la disparition des 43 étudiants aux mains de l’Etat a provoqué une colère populaire historique exigeant “ils les ont pris vivants, nous le voulons vivants” et dénonçant la responsabilité de l’Etat. Un grand mouvement s’est mis en branle. Lors de la journée du 20 novembre 2014, plus de 500.000 personnes ont défilé à la place du Zocalo dans la capitale, ce qui a obligé le président, Enrique Peña Nieto, à déplacer le classique défilé militaire en commémoration de la révolution de 1910. Le mouvement a trouvé un fort écho dans la jeunesse et construit une convergence avec les travailleurs, notamment les enseignants de la CNTE et les salariés de la Compagnie de Téléphone du Mexique, qui se sont mis en grève partielle ce 20 novembre.

26 septembre 2014 : violence, assassinats, disparitions

Ce jour-là , plusieurs dizaines d’étudiants d’instituteurs de l’Ecole Normale Rurale « Isidro Burgos » d’Ayotzinapa, ont été attaqués par la police municipale, opération qui s’est soldée par 6 morts et 25 blessés, et 43 étudiants disparus. L’enquête officielle a révélé que l’intervention contre les étudiants avait été ordonnée par le maire d’Iguala, José Luis Abarca.

Le parquet mexicain a assuré que les étudiants auraient été livrés par les policiers au cartel des Guerreros Unidos, et ensuite brûlés durant quatorze heures avant que leurs cendres ne soient dispersées dans une rivière. Cette version officielle a été remise en question par des experts de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) dans un rapport rendu public le 6 septembre dernier.

Le rapport révèle que la police fédérale et l’armée surveillaient les agissements de ces étudiants provenant d’une école normale de campagne classée à gauche et ayant une longue tradition militante. La responsabilité de l’État mexicain est évidente, et témoigne de la guerre civile de basse intensité que livre le gouvernement contre la population depuis 2006 au nom de la lutte contre le trafic de drogue.La lutte pour la vérité continue.

A un an du massacre et de la disparition des 43 étudiants, le combat continue
Samedi 26 septembre, la communauté solidaire d’Ayotzinapa à Paris appelle à une manifestation. Elle partira à 15h de la Fontaine des Innocents, à Chatelet, en direction de la Place Notre Dame des Victoires, près du consulat mexicain. Une soirée solidaire aura lieu à partir de 20h30 au CICP, 21ter, rue Voltaire, dans le 11ème

 

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