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Halte aux bombardements contre la Lybie ! Pour le renversement révolutionnaire de la dictature de Kadhafi !
24 Mar 2011 | Le 19 mars une coalition de puissances impérialistes menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne a commencé ã attaquer la Lybie, comme la résolution 1973 du Conseil de Sécurité le prévoyait.

Halte aux bombardements contre la Lybie !

Pour le renversement révolutionnaire de la dictature de Kadhafi !

Le 19 mars une coalition de puissances impérialistes menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne a commencé ã attaquer la Lybie, comme la résolution 1973 du Conseil de Sécurité le prévoyait. La coalition a reçu pour cela l’aval des gouvernements pro-impérialistes de la Ligue Arabe ainsi que la couverture de l’ONU. Une pluie de bombes et de missiles, lancés de navire de guerre et de sous-marins stationnés en Méditerranée et là¢chés par avions, s’est abattue sur des objectifs militaires autour de Tripoli, Benghazi ainsi que d’autres villes du pays, sans que l’on ne connaisse à l’heure actuelle le nombre exact de probables victimes civiles.

Cette agression, baptisée « Aube de l’Odyssée » est présentée par Washington, Paris et Londres, comme une intervention « humanitaire » sensée protéger « les populations civiles ». Comme nous l’avons déjà dit, il s’agit de la plus grande des hypocrisies. Ceux qui attaquent aujourd’hui la Lybie et se disent être les défenseurs de la « démocratie » sont les mêmes qui ont été les principaux soutiens de de Ben Ali ou de Moubarak. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui soutiennent leurs pions dans la région contre la mobilisation populaire. C’est ce que fait Obama en soutenant les monarchies bahreïni et saoudienne par exemple.

Avec l’intervention en Lybie les puissances impérialistes cherchent ã éviter qu’un éventuel renversement de Kadhafi puisse déboucher sur la mise en place d’un nouveau régime hostile à leurs intérêts. Plus généralement ils essayent de gagner en légitimité en apparaissant du côté des « rebelles » afin de pouvoir intervenir plus directement et mettre un frein à la vague de soulèvements qui secoue les pays du Maghreb et du Machrek ainsi que de la péninsule arabe et assurer ainsi la possibilité de mettre en place des « transitions » ou encore canaliser ces processus. Mais cette vague de soulèvements qui a d’abord commencé en Tunisie continue ã s’étendre. C’est ce que montre par exemple le renouveau de la mobilisation populaire au Maroc contre la monarchie de Mohamed VI, un allié clef de l’Etat espagnol et qui, entre autres choses, collabore à la régulation des vagues migratoires vers l’Union Européenne. C’est ce que montre également le Yémen où le processus de mobilisation contre le président Saleh a connu un tournant. Il s’agit-là d’un des principaux alliés de Washington dans sa « guerre contre le terrorisme ».

Mais l’opération « Aube de l’Odysée » n’est pas sans contradictions et son issue est encore incertaine. Les puissances européennes se sont divisées au sujet de l’intervention contre la Lybie. En raison de calculs politiques internes, pour redorer le blason de la France à la suite du soutien sans faille au régime dictatorial de Ben Ali et surtout en fonction de ses intérêts en Méditerranée, Sarkozy a décidé de reconnaître unilatéralement le Conseil National de Transition de Benghazi. C’est ainsi que Paris a été un des fers-de-lance de l’intervention aux côtés de Londres alors que Berlin s’est abstenu lors du vote au Conseil de sécurité de l’ONU.

Des divisions internes évidentes au sein du gouvernement étasunien ont vu le jour également, exprimant en ce sens le déclin de l’hégémonie nord-américaine. En quelques jours Obama a changé de position et a décidé d’impulser l’intervention bien que les chefs du Pentagone se soient explicitement prononcés contre une nouvelle incursion en pays musulman, au regard notamment de la situation des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. Ce changement de position s’explique par un certain nombre de facteurs. Il s’agit d’une par de ne pas laisser à la France la première place. L’enjeu est également d’essayer de pallier le manque d’influence américaine sur les nouveaux processus du monde arabe comme en a témoigné le récent voyage d’Hillary Clinton en Egypte. La secrétaire d’Etat américaine n’a pu se réunir avec les secteurs de la jeunesse qui ont fait partie du bloc social polyclassiste qui a renversé Moubarak.

La Ligue Arabe, composée de dictatures et de monarchies pro-impérialistes contre lesquelles se soulèvent aujourd’hui les masses, a bien entendu appuyé la résolution onusienne. Il s’agit-là d’un soutien de taille à l’action militaire afin que les peuples de la région ne la voient pas comme une nouvelle intervention étasunienne aux côtés d’autres puissances en défense de leurs intérêts ou afin de contrôler les gisements d’hydrocarbures. Face à la possibilité que les bombardements fassent un nombre important de victimes parmi les civils la Ligue Arabe a néanmoins commencé ã remettre modérément en cause la portée des attaques perpétrées par la coalition.

La Russie et la Chine font de même. Bien que les deux pays aient laissé le Conseil de Sécurité voter la résolution 1973 en n’opposant pas leur véto, ils ne se privent pas de critiquer les bombardements.

D’autre part les objectifs politiques de l’intervention sont loin d’être clairs. On ne sait toujours pas non plus si l’ensemble des membres de la coalition les partagent. Cela pose différents scénarios possibles. L’objectif pourrait être de forcer Kadhafi, après plusieurs jours de bombardements, ã négocier sa reddition et son immunité postérieure en instaurant par la suite un gouvernement d’unité nationale entre les « rebelles » et les restes de l’appareil d’Etat kadhafiste. Une autre possibilité, aux répercussions encore plus graves, pourrait être la partition du pays en deux entre forces loyalistes à l’Ouest et « rebelles » à l’Est. On ne peut pas non plus écarter que, si l’hypothèse d’un « changement de régime » par les armes ne s’avère pas rapidement efficace, on puisse assister ã une intensification de l’intervention impérialiste, avec y compris des troupes au sol. Cela impliquerait la mise en place d’une nouvelle guerre contre-insurrectionnelle comme en Irak et en Afghanistan, mais cette fois-ci aux portes de l’Europe.

L’ensemble de ces contradictions se sont fait jour quelques jours ã peine avant le début de l’attaque, ã travers notamment la question de la direction des opérations. Washington et Londres souhaiteraient que ce rôle soit joué par l’OTAN. Paris de son côté émet de fortes réserves ã ce sujet.

Face à la supériorité militaire du colonel Kadhafi, loin d’en appeler à la solidarité active des travailleurs et de la jeunesse qui, de la Tunisie au Yémen en passant par le Maroc et le Sénégal ont montré tout leur courage pour affronter des régimes réactionnaires, le Conseil National de Transition (CNT) des « rebelles » de Benghazi a commencé ã demander pendant des semaines l’intervention de l’impérialisme. De cette façon le CNT a créé l’idée chez les milliers d’insurgés de Benghazi et des autres villes soulevées que l’impérialisme pourrait défendre les intérêts des masses populaires. Plus grave encore le CNT, constitué d’anciens fonctionnaires du régime, de notables et de secteurs de l’opposition bourgeoise, a donné à l’impérialisme toutes les garanties possibles afin que rien des investissements pétroliers ni des contrats d’exploitation ne soit rems en cause. Le CNT n’a pas eu non plus de politique à l’égard des centaines de milliers d’ouvriers immigrés qui travaillent en Libye et constituent le gros des classes laborieuses et qui ont été livrées à leur sort d’un coté comme de l’autre.

La gauche réformiste, parmi elle plusieurs partis Verts en Europe, le Parti Socialiste ou le Parti de Gauche en France notamment, se font l’écho de l’argument social-démocrate selon lequel l’intervention de la coalition impérialiste permettrait au peuple libyen d’arracher des conquêtes démocratiques. Voilà pour la justification de leur scandaleuse capitulation face à l’intervention impérialiste. C’est ce qu’ils avaient d’ailleurs déjà fait avec des arguments « humanitaires » au cours de la guerre en ex-Yougoslavie ou au Kosovo.

En tant que marxistes révolutionnaires nous disons clairement que l’impérialisme n’intervient pas pour que le soulèvement populaire contre Kadhafi soit victorieux. L’impérialisme intervient pour imposer un gouvernement fantoche au service de ses intérêts comme cela s’est fait à la suite des invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. Mais comme le disent Chávez et d’autres soi-disant progressistes la solution ne consiste pas non plus ã se subordonner ã Kadhafi qui non seulement s’est transformé en un dictateur pro-impérialiste mais a de surcroit déclenché une guerre contre-révolutionnaire afin d’écraser un soulèvement populaire qui, en lien avec les processus arabes, remettait en cause son pouvoir. La seule issue progressiste possible pour le peuple libyen serait de lutter par tous les moyens à la fois contre l’agression impérialiste et contre la dictature réactionnaire du colonel. Dans cette lutte les alliés du peuple libyen sont les travailleurs et les peuples qui se soulevent dans les pays arabo-musulmans contre les régimes dictatoriaux et les monarchies pro-impérialistes ; les travailleurs, les jeunes et les millions d’immigrés qui, dans les pays impérialistes, pourraient bloquer la machine de guerre de Sarkozy, Zapatero et leurs amis ; l’ensemble des exploités de tous les pays du monde.

Nous appelons les organisations ouvrières, étudiantes et populaires, les organismes de défense des Droits de l’homme ainsi que les partis d’extrême gauche ã organiser des actions et des manifestations afin de rejeter l’agression militaire impérialiste et exprimer notre solidarité avec la lutte du peuple libyen.

A bas l’intervention impérialiste en Lybie !

A bas Kadhafi ! Pour un gouvernement ouvrier et populaire !

Fraction Trotskyste pour la Quatrième Internationale, le 22/03/2011

Partido de los Trabajadores Socialistas (PTS, Argentine), Liga Obrera Revolucionaria (LOR-CI, Bolivie), Liga Estrategia Revolucionaria (LER-QI, Brésil), Partido Revolucionario de los Trabajadores (PRT-CCC, Chili), Liga de la Revolución Socialista (LRS, Costa Rica), Clase Contra Clase (CCC, Etat espagnol), Liga de los Trabajadores por el Socialismo (LTS-CC, Mexique), Liga de los Trabajadores Socialistas (LTS, Venezuela)

 

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