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Argentine : Importante avancée électorale du FIT

L’élection du Front de l’extrême-gauche et les perspectives pour la construction d’un parti révolutionnaire en Argentine

28/08/2013

L’élection du Front de l’extrême-gauche et les perspectives pour la construction d’un parti révolutionnaire en Argentine

Après le succès du FIT aux pré-élections en Argentine, interview avec Christian « Chipi » Castillo, dirigeant national du PTS et candidat au parlement provincial de Buenos Aires

Propos recueillis par Loïc Guillaume.

Salut Chipi, est-ce que tu peux me dire ce qu’est le Front de gauche et des travailleurs (FIT) et pourquoi le PTS en est partie prenante ?

Chipi  : Le FIT est un front entre le Parti des travailleurs socialistes (PTS), le Parti ouvrier (PO), et Gauche socialiste (IS), nous l’avons initié en 2011 pour intervenir en commun lors des élections présidentielles cette année-là . Son point de départ est tactique, il s’agissait pour nous de faire face à la nouvelle législation électorale imposée par le gouvernement, qui oblige les formations politiques ã obtenir au moins 1,5% des suffrages lors de pré-élections pour pouvoir se présenter en octobre. Le PTS défendait néanmoins depuis quelques années la nécessité pour les organisations ouvrières et révolutionnaires de faire front lors des élections. Lors des deux échéances électorales antérieures ã 2011, on avait donc présenté des listes communes avec IS et le Nouveau MAS (Mouvement vers le socialisme). La nouveauté du FIT, c’est que les camarades du PO se sont intégrés ã cette tactique d’alliance sur le terrain des élections bourgeoises [1], ce qui a permis une concentration importante de l’agitation électorale de l’extrême gauche, et l’a mise en meilleure position pour disputer l’élection aux candidats de la classe dominante.

Quelles sont les bases programmatiques du FIT, qu’est-ce qui vous réunit ?

Le FIT est un outil dans notre lutte pour l’indépendance politique de la classe travailleuse face aux partis et aux coalitions politiques de la bourgeoisie. Nous faisons front contre le kirchnerisme [2] aussi bien que contre les différentes variantes d’opposition liées au patronat, qui cherchent ã capter la colère des travailleurs et des jeunes. Le programme du FIT consiste en une plateforme de 26 points qui comprend des revendications démocratiques, sociales, transitoires, qui s’attaquent à la propriété capitaliste et posent comme objectif la mise en place d’un gouvernement des travailleurs et du peuple basé sur les mobilisations. Récemment, nous avons eu à lutter contre la précarisation du travail, omniprésente en Argentine et qui constitue une grave division pour notre classe. On prépare aussi la mobilisation contre la réforme des retraites, de même que contre le nouvel impôt sur les salaires que veut imposer le gouvernement et qui va appauvrir l’ensemble de la classe ouvrière. On défend la nationalisation sous contrôle des travailleurs et des usagers du secteur des transports, du gaz et du pétrole, une revendication dont la nécessité vient d’être ã nouveau démontrée avec l’accord scandaleux conclu entre YPF (la société pétrolière argentine) et la multinationale nord-américaine Chevron. Notre programme comprend aussi l’expropriation immédiate des grands propriétaires terriens et la réforme agraire.

Est-ce que tu peux nous dire un mot sur les résultats du FIT ?

Comme je te disais, le système électoral argentin impose désormais des pré-élections deux mois avant l’élection réelle, avec un seuil de 1,5% des voix ã passer pour pouvoir se présenter. Cette année, c’est une partie des membres du parlement et du sénat national qui est renouvelée. Et le FIT vient de doubler quasiment ses voix par rapport au score obtenu aux pré-élections de 2011, en obtenant un peu plus de 930 000 suffrages. Il s’agit donc d’une véritable victoire nationale, on a passé le seuil dans les 19 provinces où l’on s’est présenté (sur 24) ! En plus des bons résultats dans la ville et dans la province de Buenos Aires (autour de 4% pour chaque liste), on a obtenu 10% ã Salta, 9% ã Jujuy avec un candidat du PTS qui est éboueur, une figure ouvrière locale, 7% ã Neuquen où l’on a déjà un député (Raúl Godoy, ouvrier de Zanon et porte-parole de la lutte de cette usine sous contrôle de ses travailleurs), soit près de 10 000 voix de plus qu’en 2011. A Mendoza, la cinquième province du pays, le FIT a connu une véritable révélation, avec notre jeune camarade Nicolas del Caño dont la liste a obtenu 7,7% des suffrages, soit la troisième position ! là -bas comme ailleurs, ã Jujuy par exemple, il est possible qu’on obtienne un député national. Dans la province de Buenos Aires on pourrait en avoir deux, en plus d’un député provincial [3].

Quelle est la signification d’un tel succès ?

En fait, ces résultats montrent que le FIT est désormais reconnu par les exploité-e-s et les opprimé-e-s, pour les nombreuses listes du syndicalisme de base antibureaucratique animées par nos camarades, pour sa participation permanente aux luttes, comme dernièrement dans le métro et le ferroviaire contre la privatisation et pour la gestion ouvrière de la production et des services. Le FIT s’est aussi fait reconnaître par la dénonciation du grand système d’espionnage illégal des militants qu’était en train de mettre en place le gouvernement ici, le « Projet X ». C’est nous aussi qui menons le combat contre la bureaucratie syndicale du train, qui a organisé l’assassinat du militant étudiant Mariano Ferreyra. Dans le cadre de cette lutte dont nos camarades étaient partie prenante, en tant que cheminots et militants, nous avons obtenu la titularisation de 3000 travailleurs précaires dans le secteur ferroviaire. Le système de sous-traitance qu’ils subissaient était une invention patronale qui ne tenait que grâce au soutien quotidien de la bureaucratie. Par ailleurs, nous sommes partie prenante, comme aile révolutionnaire, du mouvement étudiant, de celui pour les droits démocratiques, contre la violence policière et pour la condamnation de tous les responsables de la dictature, ainsi que du champ intellectuel, en défendant toujours des positions indépendantes du capital et du patronat.

Le FIT nous permet donc d’intervenir dans les élections, mais notre militantisme ne se réduit pas ã ça, la campagne elle-même s’inscrit dans les luttes qu’elle permet de populariser, et elle est menée dans les usines. La particularité aujourd’hui en Argentine, c’est que le FIT est vu comme une alternative politique pour notre classe au sein d’une frange pour l’instant minoritaire mais significative des travailleurs et des jeunes. Ces dernières semaines, on a vu de nombreux syndicalistes combatifs, qui forment avec nous les courants antibureaucratiques, ou même des travailleurs que l’on ne connaissait pas, faire la campagne, differ, distribuer des bulletins, convaincre leurs amis et leur famille de voter pour le FIT. C’est que ces résultats expriment aussi la situation actuelle du mouvement ouvrier argentin, où l’on observe un début de rupture de certains secteurs avec le gouvernement. La grève générale du 20 novembre dernier en avait été la plus forte expression, mais cette radicalisation se retrouve aussi chez la jeunesse précarisée et les jeunes travailleurs qui luttent pour leurs conditions de travail. Le mouvement ouvrier de ce pays est aussi traversé par la crise interne du péronisme [4] qui divise la bureaucratie syndicale. Aujourd’hui cette dernière est fragmentée en cinq centrales différentes, et l’affaiblissement relatif qui la touche nous permet d’avancer dans notre combat contre elle.

Le gouvernement a obtenu des résultats assez catastrophiques dimanche dernier... Quelle est la situation du kirchnerisme après 10 ans au pouvoir ?

Cette élection traduit très clairement la crise de succession que traverse aujourd’hui le kirchnerisme, les listes liées au gouvernement n’obtenant que 26% des voix à l’échelle nationale, bien loin des 54% de 2011. La loi actuelle ne permet pas à la présidente de se présenter une troisième fois en 2015, et Christina Kirchner n’a pas la force politique nécessaire pour faire passer une modification de la constitution au Parlement. La bourgeoisie se cherche donc une solution de rechange sur la droite du gouvernement actuel, sans l’avoir encore déterminée précisément. C’est le péronisme dissident qui sort renforcé de cette pré-élection, notamment avec le « Front rénovateur » de Sergio Massa, le maire de Tigre au Nord de la capitale, plus proche de l’impérialisme américain que Kirchner, et qui s’est illustré dans son soutien au patronat lors de la lutte de Kraft, qui obtient une victoire importante dans la province de Buenos Aires. Les candidats de l’alliance entre le Parti radical, qui fait aujourd’hui sa relative réapparition, et le Parti socialiste sortent aussi renforcés, avec un discours ouvertement plus ã droite que celui du gouvernement. Si bien que le FIT, avec son positionnement de classe et son programme clairement anticapitaliste, pour l’indépendance politique des exploité-e-s et des opprimé-e-s, se retrouve ã constituer la seule force d’opposition d’échelle nationale sur la gauche du gouvernement.

Qu’ont fait les autres organisations d’extrême gauche ?

Le Nouveau MAS s’est présenté dans 4 provinces, mais il n’a dépassé le seuil de 1,5% nulle part, il ne pourra donc pas se présenter en octobre. Le MST (Mouvement socialiste des travailleurs) s’est présenté dans le cadre de différentes alliances, mais n’a pas pu passer les 1,5% ni dans la capitale ni en province, où il s’était allié avec un secteur de la bureaucratie de la CTA (Centrale des travailleurs argentins) et une organisation maoiste. Le MST fait les frais de son alliance de 2011 avec la gauche bourgeoise dans le cadre de Proyecto Sur, qui avait pour tête de liste le cinéaste Pino Solanas. Cette année, ce dernier a carrément viré ã droite en s’alliant avec le Parti radical, et en adoptant une rhétorique anticorruption qui est promue ici par le patronat agraire d’opposition ã droite du gouvernement, et par l’impérialisme américain. Au total, cette élection consacre l’effondrement des secteurs de la gauche radicale qui ont soutenu le gouvernement, comme de ceux qui par opportunisme se sont alliés avec l’opposition de droite. Ce qui a émergé, c’est le FIT, comme force d’opposition anticapitaliste et comme expression politique des secteurs radicalisés de notre classe.

Qui sont les candidats du FIT, et qu’est-ce qu’ils représentent ?

Nos listes sont constituées de militants ouvriers dans de nombreux cas, et toujours de militants d’extrême gauche. Dernièrement, un camarade du PTS est devenu un peu le symbole de ce que l’on incarne. Il s’agit de Claudio Dellecarbonara, travailleur du métro de la capitale, syndicaliste de lutte reconnu, et tête de liste pour les sénatoriales. Claudio a été attaqué violemment par l’actuel maire de Buenos Aires, le droitier Macri, qui l’accusait du « désordre » qui règne dans le métro, et de l’insécurité subie par les travailleurs et les usagers, due en réalité au manque d’investissements. C’était une attaque très dure, par laquelle Macri révélait son appartenance ã une caste de politiciens professionnels dont le dernier souhait serait de voir les exploité-e-s commencer ã faire de la politique. Nous, on défend le projet inverse de celui de Macri, on cherche ã construire un grand parti ouvrier et révolutionnaire.

Ce qu’il faut dire aussi, c’est que depuis le début le FIT a démontré dans la pratique qu’il n’est pas une formation politique comme les autres, par exemple en mettant en place le système de rotation des sièges obtenus. Les trois partis qui composent le FIT ont en effet accès au siège gagné chacun à leur tour, ce siège appartenant ã un projet politique et non ã une personne. A Neuquén, où l’on a remporté en 2011 un siège de député provincial pour 4 ans, en plus de dirigeants du PTS, du PO et d’IS, on a intégré un travailleur indépendant de Zanon, Alejandro Lopez, qui a occupé le siège pendant un an. Actuellement, Raúl Godoy s’apprête à laisser sa place au PO et ã retourner travailler à la chaîne dans l’usine, comme il l’avait fait à la fin de son mandat à la tête du syndicat céramiste. On ne veut pas de dirigeants qui s’éternisent dans les parlements de la classe dominante, mais qui se mettent au service de la lutte des classes. C’est aussi pour cela qu’un autre point clé de notre programme d’agitation démocratique est de nous battre pour que tout élu et tout fonctionnaire, quelques soient ses responsabilités, gagne autant qu’un travailleur du rang. C’est une revendication que nous avons repris de la Commune de Paris en 1871. Et les candidats du FIT s’engagent à la respecter pour eux-mêmes s’ils sont élus.

Après ces pré-élections, et étant donnée la dynamique actuelle du mouvement ouvrier, dont tu parlais, comment est-ce que tu vois les perspectives actuelles pour avancer dans la construction d’un parti ouvrier et révolutionnaire en Argentine ?

Je crois que l’on doit tout faire pour profiter de la dynamique actuelle autour du FIT pour transformer le soutien qu’il reçoit en militantisme actif. Dans les usines où l’on a des militants, le FIT a obtenu entre 20 et 40% des suffrages ! Le phénomène est surtout visible dans les usines de la périphérie de Buenos Aires. Le plus important de tout ça, c’est que commencent ã s’unir syndicalisme de lutte et politique en Argentine. De plus en plus les travailleurs font le lien entre la lutte pour récupérer les syndicats des mains de la bureaucratie, et celle pour intervenir dans l’arène politique. Au delà des militants des différentes organisations du FIT, c’est une bonne part de celles et ceux qui animent le syndicalisme de lutte en Argentine qui ont fait la campagne du FIT ces dernières semaines. A nous de nous battre pour faire avancer le plus possible cette politisation, pour que le militantisme ouvrier gagne toujours plus en qualité révolutionnaire.

Mais ce n’est pas la première fois que la gauche radicale remporte des succès électoraux en Argentine...

Non, en réalité c’est même la troisième fois dans les 25 dernières années. La gauche a percé électoralement ã chaque fin de cycle en Argentine : aujourd’hui avec la crise du kirchnerisme, mais hier, en 1989, alors que le gouvernement radical d’Alfonsin était épuisé, ou encore en 2001 avec la fin du cycle libéral. En 1989, Izquierda Unida (IU) a obtenu deux députés, un national et un provincial. Mais IU était un front au programme seulement démocratique, qui liait l’ancien MAS et le PC argentin, un parti qui défendait ouvertement la conciliation de classe. La politique du MAS consistait essentiellement ã rassembler des voix, via un travail syndical très dépolitisé et conciliateur avec la bureaucratie, et une organisation basée sur des rassemblements géographiques qui n’avaient rien ã voir avec la construction d’une force politique structurée, dans les entreprises, les facs, brefs les concentrations décisives pour la lutte des classes. Au total, le MAS s’est révélé complètement incapable d’animer la résistance au gouvernement néolibéral de Ménem, qui pouvait s’appuyer sur la bureaucratie syndicale pour faire passer ses contre-réformes.

La deuxième de ces percée électorales a donc eu lieu en 2001, quand le front Autodeterminacion y Libertad et la nouvelle mouture de IU (cette fois entre le MST et le PC) ont obtenu 1,2 millions de voix, ainsi que des sièges au Parlement national et ã celui de la province de Buenos Aires. Mais ni l’un ni l’autre n’ont constitué une alternative de classe lors de la crise de 2001, et leurs groupes parlementaires se sont dissous en 2003. Bien qu’elles aient réussi ã capter le discrédit du système, ces listes n’ont donc aidé en rien ã avancer dans la construction d’une organisation révolutionnaire de la classe ouvrière.

A ton avis, comment faire pour que l’histoire ne se répète pas ?

Le défi du FIT, c’est de ne pas être seulement un outil de canalisation électorale du mécontentement ouvrier et populaire en vue d’obtenir des sièges au Parlement, mais de constituer un point d’appui pour avancer dans la construction d’un vrai parti révolutionnaire de notre classe, pouvant compter sur des dizaines de milliers de militants, et jouant un rôle dirigeant dans des centaines de syndicats, dans le mouvement étudiant, ainsi que dans le reste des organismes de masses, c’est ã dire un parti ayant une influence sur une véritable frange de la classe travailleuse et un pouvoir d’entraînement sur l’ensemble de cette dernière. Pour nous au PTS, le FIT est un moyen pour avancer vers cet objectif, un tel parti étant ã notre avis l’outil indispensable pour que la fin de cycle qui se prépare ne soit pas résolue ã nouveau en faveur de la classe dominante. L’évolution économique actuelle, de même que celle de la lutte des classes dans le cône Sud de l’Amérique Latine, avec les mobilisations de masse au Chili, au Brésil, le retour en scène de la classe ouvrière dans ces pays comme en Bolivie, montre en effet qu’il nous faut nous préparer ã des scénarios de plus en plus convulsifs.

En ce sens, je crois que la démonstration la plus importante de cette campagne électorale est qu’elle a été prise en charge activement par des secteurs de la classe ouvrière, et cela en un sens réellement politique, qui ne se limite pas à l’activisme syndical de classe qui s’est développé ces dernières années. Parmi des dizaines d’exemple de ce phénomène, on peut citer celui de l’usine Lear dans la zone Nord de Buenos Aires, où une assemblée a réuni plus d’une centaine de travailleurs en appui au FIT, où encore celui de l’imprimerie Donnelley, où les travailleurs ont fait eux aussi une assemblée pour discuter de la campagne, assemblée où se sont réunies toute les équipes de la boîte. Dans les deux cas, des ouvriers de l’usine étaient eux mêmes candidats du FIT.

D’ici octobre, on a donc le défi d’augmenter significativement nos forces militantes, aussi bien dans la jeunesse que dans le mouvement ouvrier, le défi aussi de faire en sorte que toute cette dynamique se traduise en une ou plusieurs tribunes parlementaires locales et nationales. Quand je dis ça, il faut bien comprendre que ces sièges, ces élections, ce n’est pas une fin en soi. Si on entre dans ces Parlements, ce sera une position, un moyen pour appuyer les luttes des travailleurs et des jeunes, pour avancer dans la politisation et l’indépendance de notre classe. Je le répète, il ne s’agit pas d’une fin en soi, mais d’un moyen parmi d’autres pour avancer dans la construction d’une organisation révolutionnaire militante structurée dans la classe ouvrière.

En quoi va consister l’activité du parti d’ici octobre ?

Pour le poser de manière synthétique, ce que je viens de te dire signifie que la tactique électorale du FIT constitue pour nous une tâche préparatoire au service de notre véritable objectif, c’est ã dire la construction d’un parti ouvrier et révolutionnaire. Mais elle n’est pas la seule ! Au quotidien, nous menons de nombreuses batailles dans les boîtes et dans les syndicats, auprès de la jeunesse ouvrière et étudiante, ou encore sur le terrain idéologique et celui de l’internationalisme. Le travail patient de construction que mène le PTS dans le mouvement ouvrier est d’ores et déjà reconnu par l’avant garde ouvrière en Argentine, avec les dizaines de courants « lutte des classes » que l’on anime dans les syndicats, et le rôle de direction que l’on joue dans de nombreux syndicats de boîtes récupérés contre la bureaucratie, ã Kraft, ã Lear, ã Coca-Cola, etc. Le PTS est présent dans des dizaines d’usines dans la zone industrielle au Nord de Buenos Aires, mais joue également un rôle important ã échelle nationale, de l’industrie sucrière de Jujuy et Tucuman aux usines mécaniques de Cordoba, en passant par l’expérience de Zanon, usine de céramique sous contrôle ouvrier depuis 2001 ã Neuquen. Dans le mouvement étudiant, on est présents dans 21 universités dans tout le pays, où l’on mène l’offensive contre les courants réformistes et bureaucratiques, avec un programme démocratique, contre la précarisation de la jeunesse, les idéologies de la classe dominante, et pour un mouvement étudiant qui s’allie aux secteurs combatifs de la classe ouvrière.

Récemment, nous avons réussi à lancer, avec l’appui de nombreux intellectuels sympathisants du FIT, une revue mensuelle qui est distribuée dans tous les kiosques de presse. Elle s’appelle Ideas de Izquierda (« Les idées de l’extrême gauche »), et constitue ã mon avis un défi extrêmement audacieux, alors que depuis des années le marxisme révolutionnaire est resté en dehors des sphères éditoriales ã diffusion grand public. C’est un pas en avant dans la reconstruction d’un marxisme créatif, actuel, capable d’entrer en guerre contre les idées libérales ou réformistes au sein même de l’espace public et du champ intellectuel. Le PTS poursuit par ailleurs sa riche activité éditoriale avec les publications de l’IPS (Institut de la pensée socialiste, au centre de Buenos Aires [5]) et du CEIP (Centre d’étude, de recherche et de publication « Leon Trotsky » [6]). Récemment, nous avons édité trois tomes d’œuvres choisies de Lénine, ainsi qu’un volume de textes de Trotsky sur la lutte contre le fascisme en Allemagne ; une compilation des « écrits latino-américains » de Trotsky est aussi sur le point de sortir. Nous rénovons aussi constamment notre portail internet, dont une nouvelle version est disponible depuis quelques jours sur téléphone portable !

Enfin, si nous pensons que la construction d’organisations ouvrières et révolutionnaires dans chaque pays est indispensable, nous ne croyons pas que cela soit suffisant. Notre classe a besoin d’un parti à l’échelle qui est celle de son exploitation, c’est ã dire l’échelle mondiale. Cette question est au cœur des réflexions en cours au sein de notre organisation, mais cela fera l’objet d’un autre échange une prochaine fois...

21/08/2013.

  • NOTAS
    ADICIONALES
  • [1Le Nouveau MAS en étant sorti, mais le PO est une organisation d’un tout autre poids.

    [2Du nom de l’actuelle présidente, Christina Kirchner, qui a succédé ã son époux à la tête du pays. Les Kirchner incarnent la recomposition populiste du régime politique de la bourgeoisie argentine après les journées révolutionnaires de 2001.

    [3L’argentine étant une fédération, elle combine un système de parlements provinciaux (23, soit un par Province), ã un congrès national qui est composé de la Chambre des députés de la nation et du Sénat.

    [4Courant politique populiste qui comprend de nombreuses variantes de sa gauche ã sa droite, et qui est au coeur de la vie politique argentine depuis la Seconde Guerre mondiale. Il tire son nom de Juan Peron, président du pays de 1946 ã 1955, puis ã nouveau de 1973 ã 1974.

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