FT-CI

Les rêves de grandeur de Paris s’écroulent face à la crise d’hégémonie étasunienne

Hollande et la Syrie, ou les velléités guerrières du dernier « néo-conservateur » européen

08/09/2013

Hollande et la Syrie, ou les velléités guerrières du dernier « néo-conservateur » européen

Bien loin de l’image de la France de Chirac et de Villepin qui, en 2003, avaient refusé de participer à l’équipée militaire irakienne de George Bush, Hollande opère un virage ã 180° et est en passe de devenir « le dernier néo-conservateur » sur le vieux continent. A suivre, quelques considérations sur la politique extérieure du gouvernement social-impérialiste français.

Il s’agissait d’une occasion en or : profiter de l’énième massacre en Syrie pour affirmer la puissance de la France dans le « concert des nations », mais aussi un peu pour faire contrepoids ã Berlin qui, sur l’échiquier européen, fait de plus en plus d’ombre ã Paris. L’occasion également de faire oublier la crise et de faire diversion alors que pas une semaine ne passe sans que le gouvernement n’annonce une nouvelle contre-réforme. Mais les rêves de grandeur de François Hollande se sont finalement échoués contre la dure réalité de la géopolitique internationale, ã savoir la crise de l’hégémonie étasunienne qui s’est approfondie encore un peu plus avec la débâcle militaire en Afghanistan et en Irak. Le revers essuyé par David Cameron, le Premier-ministre britannique dont la majorité conservatrice n’a même pas appuyé l’avant-projet d’intervention en Syrie, suivi de la décision de Barack Obama de s’en référer au Congrès avant même de prendre une décision, laissent Hollande bien seul. Seul sur l’échiquier international et seul, également, au niveau hexagonal, avec les déclarations contradictoires de ses ministres sur le vote ou la simple consultation du Parlement en cas d’intervention, et ce alors qu’une large majorité de l’opinion publique est opposée à la guerre.

Une impasse diplomatique et militaire

Le 27 août, l’Elysée se disait prêt ã intervenir en Syrie. Moins d’une semaine après, Hollande se retrouve dans une impasse diplomatique et militaire. Si l’idée était de faire briller la France comme puissance autonome, Paris apparaît en fait à la remorque des Etats-Unis. En tonnant contre Bashar Al-Assad qu’il menaçait de punir coûte-que-coûte, Hollande substituait la Grande-Bretagne dans le rôle de meilleur élève de l’impérialisme américain que le Royaume-Uni a eu au cours des dernières décennies. Mais alors qu’il fourbissait ses armes, Hollande s’est retrouvé le bec dans l’eau avec la volte-face d’Obama le 31 août.

En attendant la décision de Washington, Paris s’est elle-même liée les mains. Par ailleurs, l’ensemble des différents scénarios qui pourraient se proposer ã Hollande pour trouver une issue sont complexes. Si le Congrès américain donne son feu-vert, Paris serait le seul pays occidental ã ne pas consulter sa représentation parlementaire. Si le Congrès ne donne pas son aval ã Obama en revanche, Hollande se retrouverait bien seul pour « châtier » Al-Assad et devrait avoir recours ã des plans alternatifs dont les contours sont aujourd’hui bien flous. En cas de vote négatif du Congrès étasunien, Hollande a déclaré que la France n’agirait pas seule mais que le gouvernement ferait tout son possible pour appuyer « l’opposition syrienne ». Aujourd’hui, cependant, c’est la confusion qui règne.

Plus gaulliste que l’UMP, plus néo-conservateur que les Américains

Dans toute cette affaire, sur le plan intérieur, le « président de gauche », sous couvert des rouages antidémocratiques et ultra-bonapartistes de la V République, apparaît comme plus gaulliste encore que la droite hexagonale. Sur le plan international, avec son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ses déclarations sont encore plus va-t-en-guerre que les discours des pires faucons républicains du Sénat américain. Le PS français a au moins un mérite. Avec ses velléités guerrières et sa « réforme » des retraites, il ressemble de plus en plus à la copie-carbone « de gauche » de ce qu’est la droite hexagonale. « Réforme » des retraites et menace d’intervention en Syrie mettent noir-sur-blanc, s’il c’était encore nécessaire, le caractère réactionnaire et anti-populaire du gouvernement PS-écolos.

Mais cet approfondissement du cours impérialiste et agressif de la politique extérieure française ne tombe pas du ciel. Le terrain a été préparé, et par la droite, et par la gauche, au cours des dernières années. On pensera, tout d’abord, à l’intervention en Libye, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, avec la bénédiction du PS français, puis, sous Hollande, avec l’intervention au Mali, sans même parler de la guerre contre la Serbie et le Kosovo, en 1999, qui n’avait d’humanitaire que le nom et qui, à l’inverse, permit l’expansion de l’OTAN en Europe de l’Est, ou encore de la « guerre contre le terrorisme » et surtout contre l’Afghanistan, menée tambour battant par le gouvernement de la « Gauche Plurielle » auquel participaient tant le PCF que Jean-Luc Mélenchon et dont on voit, aujourd’hui, les résultats.

De quel droit bombarder ?

Obama, ses ministres et son administration s’attachent ã faire valoir qu’une agression militaire contre la Syrie serait bien différente de la campagne menée par George Bush et ses faucons « néo-conservateurs » contre l’Irak de Saddam Hussein en mars 2003. Mais les arguments avancés par la France comme par les Etats-Unis pour légitimer une intervention, notamment au sujet de l’usage par l’armée régulière syrienne d’armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, sont plus que discutables. Nombreux sont d’ailleurs les analystes qui soulignent que tant le camp pro-Assad que les « rebelles » syriens ont probablement eu recours, ces derniers mois, ã des armes non conventionnelles et chimiques.

Mais la question du droit ã bombarder est un peu plus complexe encore que « les preuves » irréfutables apportées par les services secrets occidentaux. De quel droit la France des massacres de Madagascar de 1947, de la sale guerre au Kamerun contre les populations civiles, de la guerre d’Indochine et de la guerre d’Algérie, où Paris n’a pas hésité de recourir à la torture, aux déplacements massifs de populations et aux bombardements, de quel droit la France pourrait s’ériger en arbitre de la légalité internationale ? Cela va sans dire que le doute est de mise, également, du côté des Etats-Unis, le pays des massacres de la guerre du Viet-Nam, dont Mi-Lay n’est que l’exemple le plus tragiquement célèbre, des bombardements à l’agent orange sur toute la péninsule indochinoise, de la vente d’armes chimiques pour que Saddam Hussein les utilise contre l’Iran dans les années 1980, le pays des attaques au phosphore blanc et à l’uranium appauvri contre les populations civiles lors de la bataille de Falloujah, en novembre et décembre 2004, suite à l’invasion de l’Irak.

De quels « droit humanitaire », « devoir d’intervention » ou « légalité internationale » parlez-vous, messieurs Obama, Kerry et Hollande ? Du droit des impérialistes ã agir comme des puissances impérialistes. Votre cynisme nous fait horreur.

04/09/13

Notes liées

No hay comentarios a esta nota

Journaux

  • EDITORIAL

    PTS (Argentina)

  • Actualidad Nacional

    MTS (México)

  • EDITORIAL

    LTS (Venezuela)

  • DOSSIER : Leur démocratie et la nôtre

    CCR NPA (Francia)

  • ContraCorriente Nro42 Suplemento Especial

    Clase contra Clase (Estado Español)

  • Movimento Operário

    MRT (Brasil)

  • LOR-CI (Bolivia) Bolivia Liga Obrera Revolucionaria - Cuarta Internacional Palabra Obrera Abril-Mayo Año 2014 

Ante la entrega de nuestros sindicatos al gobierno

1° de Mayo

Reagrupar y defender la independencia política de los trabajadores Abril-Mayo de 2014 Por derecha y por izquierda

La proimperialista Ley Minera del MAS en la picota

    LOR-CI (Bolivia)

  • PTR (Chile) chile Partido de Trabajadores Revolucionarios Clase contra Clase 

En las recientes elecciones presidenciales, Bachelet alcanzó el 47% de los votos, y Matthei el 25%: deberán pasar a segunda vuelta. La participación electoral fue de solo el 50%. La votación de Bachelet, representa apenas el 22% del total de votantes. 

¿Pero se podrá avanzar en las reformas (cosméticas) anunciadas en su programa? Y en caso de poder hacerlo, ¿serán tales como se esperan en “la calle”? Editorial El Gobierno, el Parlamento y la calle

    PTR (Chile)

  • RIO (Alemania) RIO (Alemania) Revolutionäre Internationalistische Organisation Klasse gegen Klasse 

Nieder mit der EU des Kapitals!

Die Europäische Union präsentiert sich als Vereinigung Europas. Doch diese imperialistische Allianz hilft dem deutschen Kapital, andere Teile Europas und der Welt zu unterwerfen. MarxistInnen kämpfen für die Vereinigten Sozialistischen Staaten von Europa! 

Widerstand im Spanischen Staat 

Am 15. Mai 2011 begannen Jugendliche im Spanischen Staat, öffentliche Plätze zu besetzen. Drei Jahre später, am 22. März 2014, demonstrierten Hunderttausende in Madrid. Was hat sich in diesen drei Jahren verändert? Editorial Nieder mit der EU des Kapitals!

    RIO (Alemania)

  • Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica) Costa Rica LRS En Clave Revolucionaria Noviembre Año 2013 N° 25 

Los cuatro años de gobierno de Laura Chinchilla han estado marcados por la retórica “nacionalista” en relación a Nicaragua: en la primera parte de su mandato prácticamente todo su “plan de gobierno” se centró en la “defensa” de la llamada Isla Calero, para posteriormente, en la etapa final de su administración, centrar su discurso en la “defensa” del conjunto de la provincia de Guanacaste que reclama el gobierno de Daniel Ortega como propia. Solo los abundantes escándalos de corrupción, relacionados con la Autopista San José-Caldera, los casos de ministros que no pagaban impuestos, así como el robo a mansalva durante los trabajos de construcción de la Trocha Fronteriza 1856 le pusieron límite a la retórica del equipo de gobierno, que claramente apostó a rivalizar con el vecino país del norte para encubrir sus negocios al amparo del Estado. martes, 19 de noviembre de 2013 Chovinismo y militarismo en Costa Rica bajo el paraguas del conflicto fronterizo con Nicaragua

    Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica)

  • Grupo de la FT-CI (Uruguay) Uruguay Grupo de la FT-CI Estrategia Revolucionaria 

El año que termina estuvo signado por la mayor conflictividad laboral en más de 15 años. Si bien finalmente la mayoría de los grupos en la negociación salarial parecen llegar a un acuerdo (aún falta cerrar metalúrgicos y otros menos importantes), los mismos son un buen final para el gobierno, ya que, gracias a sus maniobras (y las de la burocracia sindical) pudieron encausar la discusión dentro de los marcos del tope salarial estipulado por el Poder Ejecutivo, utilizando la movilización controlada en los marcos salariales como factor de presión ante las patronales más duras que pujaban por el “0%” de aumento. Entre la lucha de clases, la represión, y las discusiones de los de arriba Construyamos una alternativa revolucionaria para los trabajadores y la juventud

    Grupo de la FT-CI (Uruguay)