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« Her yer Taksim, her yer Direnis », la jeunesse de Turquie à l’offensive !

Après le printemps arabe, voilà arrivé le printemps turc ?

12/06/2013

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Par Nina Kirmizi

Entre le 1er et le 11 juin, face à la farouche résistance qui leur a été opposée, la police et le gouvernement avaient cédé la place Taksim aux manifestants. Sorte de revanche face à l’interdiction qui leur avait été faite d’y défiler le 1er mai dernier, elle est devenue le symbole pour un pays qui s’embrase depuis plus d’une semaine au son de « Her Yer Taksim, her Yer Direnis » : Taksim est partout, partout est la résistance ! A ce jour, ce sont près de 67 villes sur les 87 que comptent la Turquie qui répètent ce slogan, et celui, tout aussi populaire « Tayyip, démission » !

Malgré l’extrême violence de la répression policière, les invectives de Recep Tayyip Erdogan (Premier ministre turque) contre les çapulcu, les « pilleurs », les « voyous », le silence des médias, les 3 morts officiels et plus de 1500 blessés décomptés ã Istanbul et 700 ã Ankara, la colère ne désemplit pas. Au contraire, dès le 5 juin, elle a gagné des dizaines de milliers de travailleurs, venus se joindre aux manifestants ã Istanbul et Ankara, notamment, à l’appel du KESK, Confédération des travailleurs du secteur public et du DISK, la Confédération Syndicale des ouvriers révolutionnaires.

Gazés pour Gezi ?

Partie de la défense du parc de Gezi contre le projet de construction d’un centre commercial et de répliques des anciennes casernes ottomanes au centre ville, la contestation a vite pris la forme d’une dénonciation du parti islamo-conservateur de l’AKP, au pouvoir depuis 2002. C’est un refus d’abord d’une politique urbaine, qui multiplie les contrats pharaoniques offerts aux grands patrons du BTP proches du pouvoir – le patron de TOKI, principale entreprise de BTP n’est autre que le neveu d’Erdogan – qui exproprie les habitants des Gecekondus (bidonvilles) du fait de la pression foncière, et qui chasse du centre ville les classes populaires pour les parquer dans des barres d’immeubles ã des kilomètres du centre et de tout réseau de transport. Mais c’est aussi la résistance face à la volonté du gouvernement de limiter le « style de vie » du quartier de Beyoglu, quartier du centre-ville où se mélange une certaine avant-garde culturelle, minorités sexuelles et ethniques, haut lieu de rencontre et de la vie nocturne stambouliote.

Ces politiques urbaines, qui consistent ã forcer l’entrée du capital et du religieux dans l’espace urbain, sont à l’image des politiques menées au niveau du gouvernement de l’AKP. En cela, la révolte, partie comme un feu de paille, exprime un ras-le-bol des méthodes autoritaires et répressivesde l’AKP. A cela s’ajoute la répression policière qui vise les minorités kurdes, les immigrants sans-papiers en transit vers l’Europe, les militants d’extrême gauche, les syndicalistes, toute forme d’opposition étudiante, et aujourd’hui les manifestants. Cette répression exprime la continuité et la similarité entre les pratiques de pouvoir du parti islamo-conservateur de l’AKP et du parti bourgeois républicain laïc, CHP, aujourd’hui dans l’opposition. Durant le premier weekend de manifestations, le silence criminel des médias sur les mobilisations a montré au grand jour les accointances du pouvoir avec les grands groupes médiatiques (Dogus, CNN turk), approfondissant le discrédit, déjà fortement entamé, du gouvernement et de sa défense de la démocratie [1].

La volonté de l’AKP de limiter la consommation d’alcool par un décret interdisant sa vente de nuit, tout comme celle de restreindre le droit à l’avortement obtenue depuis 1983, participe de cette exaspération face ã une imposition progressive des valeurs religieuses sur la société. Mais, alors qu’une certaine presse impérialiste comme le gouvernement turc veulent y trouver les seules causes de la contestation –il ne s’agirait finalement que de jeunes fêtards mobilisés pour leur consommation d’alcool - il faut bien voir que ces dernières avancées répressives de l’AKP ne sont en réalité qu’une goutte de plus au cocktail qui a mis le feu aux poudres ces derniers jours.

La révolte d’une jeunesse urbaine, sur fond de colère ouvrière

« C’est une jeunesse laïque, des classes moyennes et supérieures, qui ne supporte pas son déclin relatif », a déclaré Erdogan lors d’un des meetings qu’il multiplie depuis son retour d’Afrique du Nord. Pas si sûr. Il est vrai que les manifestations sont parties d’une jeunesse urbaine, plutôt issue des classes moyennes, mais elle a vite été ralliée, y compris dans le centre d’Istanbul, où la place Taksim côtoie le quartier kurde et très populaire de Tarlabasi, par la jeunesse laborieuse et opprimée. Quant au discours qui opposerait la révolte de la bourgeoisie contestant le régime d’Erdogan à la soumission du peuple, supposé acquis à l’AKP, il a ses limites. L’AKP est fort du soutien – 50% des votes recueillis en 2011 – d’une grande partie de la bourgeoisie provinciale, plus conservatrice, depuis sa conversion ã un néolibéralisme ã outrance, ainsi que des couches défavorisées clientélisées par ses politiques de charité et l’attachement aux valeurs religieuses que l’AKP exploite pleinement. Mais ses liens avec une bourgeoisie laïque, qui a su profiter du « miracle économique » turque avec une croissance de près de 8% de PIB jusqu’à 2012, n’ont en rien disparu.

Ce « miracle » s’est fait sur le dos des millions de travailleurs turcs, laïcs ou croyants. Cette main-d’œuvre, jeune et attractive pour les multinationales impérialistes, voit ses conditions de vie se détériorer en dépit d’un modèle de croissance présenté comme exemplaire : salaire minimum fixé autour de 400 euros, restrictions syndicales, nouvelles réformes de 2011 sur la compétitivité visant ã restreindre un droit du travail déjà peu exigeant, combiné avec une inflation galopante qui fait du thème de la vie chère une préoccupation majeure des classes populaires. En mai 2013 ã Turkish Airlines, mais également en novembre 2012, dans les usines Renault et Bosch de Bursa, où ils ont contesté le syndicat jaune « Turk Metal » [2], les travailleurs turcs ont montré leur combativité face à l’exploitation.

Si les informations restent faibles quant à l’implication du mouvement ouvrier dans les manifestations, l’entrée en scène des travailleurs liés aux syndicats du KESK, poussé par sa base, et du DISK, avec l’appel à la grève générale le 5 juin dernier, sont de bon augure. Certains signes vont en effet dans le sens d’un élargissement de la contestation ã cette jeunesse des classes populaires : ne serait-ce que par la mort d’Abdallah Cömert, jeune de 22 ans, ouvrier dans une usine d’emballage de la province de Hatay au Sud de la Turquie, ou celle de Ethem Sarisuluk, ouvrier de 26 ans, tué par la police ã Ankara, symbole de cette jeunesse ouvrière en colère, assez éloignés du profil qu’Erdogan voudrait dresser du manifestant.

Forces politiques en présence…

Le mot d’ordre de « Tayyip, démission » rallie largement, et face à la répression, il se complète par l’exigence de la démission des chefs de la police, du retrait du projet de centre commercial et des décrets liberticides en cours, ainsi que d’une critique appuyée des médias turcs. On y trouve pêle-mêle des militants écologistes de la première heure ou des artistes, très remontés contre la rénovation urbaine de l’AKP et les destructions de lieux culturels et artistiques, les militants d’une extrême gauche très morcelée (issus du TKP, parti communiste turc, et des partis maoïstes, MLKP, DHKP-C, interdits par les autorités), les anticapitalistes musulmans, les militants kurdes, des alévis, des minorités opprimées socialement et économiquement par les politiques de l’AKP.

Les militants kurdes dans les mobilisations

Signe de la profondeur du mouvement, on a vu sur les barricades se côtoyer et affronter ensemble la police anti-émeute les supporters des grandes équipes de foot rivales d’Istanbul, Galatasaray, Fenerbahçe et Besiktas, mais également des militants turques et kurdes. Taksim n’a pas seulement été le théâtre de danses et chants traditionnels kurdes, stigmatisés (et réprimés souvent), par l’Etat kémaliste, mais on a aussi vu y flotter les drapeaux à l’effigie d’Abdullah Öcalan, le leader du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), emprisonné depuis 1998. Le BDP, la vitrine légale du PKK, est divisé sur la marche ã suivre vis-à-vis des manifestations. Sa direction craint que la participation de sa base, aux premiers rangs des affrontements avec la police, ne porte un coup d’arrêt au « processus de négociation de paix » qu’elle a initié avec le pouvoir de l’AKP, avec la bénédiction d’Öcalan. Les secteurs les plus ouvertement pro-bourgeois du BDP, qui ont vu leur rôle d’intermédiaire se renforcer dans la tentative de « règlement » du conflit entre l’Etat turc et le mouvement kurde, craignent aujourd’hui que la participation de la jeunesse kurde au mouvement ne mette un frein à leurs ambitions. Cela explique les réticences qu’a la direction du BDP ã soutenir les manifestants, mais aussi la faiblesse des mobilisations au Kurdistan, et notamment dans sa capitale, Diyarbakir.

Rallié plus tardivement, le CHP, parti républicain bourgeois qui regroupe les kémalistes laïcs, a fait son entrée en scène dans les manifestations. Quoique ce dernier se présente comme le parti d’opposition au régime de l’AKP, il défend l’héritage de l’Etat kémaliste, dont l’AKP ne fait aujourd’hui que poursuivre les méthodes répressives et autoritaires vis-à-vis des minorités et des militants d’extrême gauche. Le CHP, parti de la bourgeoisie laïque promue par Atatürk, ne peut en réalité rien apporter aux demandes démocratiques de la population. Il est d’ailleurs mal à l’aise avec une manifestation qui risque de le dépasser, dont il voudrait limiter la teneur ã une exigence de laïcité mais dont il ne peut se désolidariser au risque de se confronter ã sa base électorale.

…et un large soutien populaire au mouvement

Outre les partis, les syndicats de gauche comme le DISK et le KESK, c’est une majorité de la jeunesse non-organisée qui fait l’épreuve de la mobilisation. A l’image des supporters des équipes de foot rivales réconciliés pour l’occasion, et qui semblent à l’avant-garde de la riposte face à la répression. Les « ultras » de Besiktas impriment leur marque sur les manifestations. Au premier rang des affrontements avec la police, la rumeur dit également qu’ils se seraient emparés d’un TOMA, véhicule blindé anti-émeute disposant d’un canon ã eau, ã Ankara. Ils sont, tout comme cette jeunesse turque révoltée, les premiers ã dénoncer les assassinats policiers.

A leurs côtés ce sont 2000 avocats qui sont en grève et se portent volontaires pour défendre les manifestants arrêtés, des médecins et personnels soignants qui assurent les secours. Et les marques de soutien ne manquent pas dans la population : de l’organisation de secours, dans les mosquées, les commerces, les universités, à l’accueil des blessés chez l’habitant, en passant par les mixtures anti-gaz et autres ravitaillements laissés aux fenêtres dans tous les coins de la ville, on voit bien que les mots d’ordre de la mobilisation rencontrent un large écho au sein de la population. Gezi est au cœur de l’organisation du mouvement. Twitter et facebook, malgré les restrictions imposées par les autorités sur les communications mobiles, sont des outils pour s’organiser devant la complicité des médias au pouvoir, mais comme au cours du printemps arabe, c’est une réelle opposition diffuse au gouvernement AKP qui sert de véhicule à la contestation et qui a renforcé, au cours des premiers jours, les mobilisations.

La contre-offensive d’Erdogan

De retour de sa tournée au Maghreb, parti vanter les qualités du patronat turc, Erdogan a été accueilli par 3000 de ses partisans à l’aéroport d’Istanbul. Depuis,il multiplie les meetings dans le pays, entre Ankara, Istanbul et Adana, pour occuper l’espace médiatique et stigmatiser les manifestants. Les traitants de « pillards », d’« extrémistes », dénonçant un complot « organisé à l’intérieur et à l’extérieur du pays » y compris par ces mêmes médias qui au début du mouvement ont tout fait pour l’occulter, il a développé une rhétorique offensive contre les manifestants, accusés d’user de la violence contre la « démocratie », tout en appelant ses partisans à leur donner, à l’occasion des élections municipales de 2014, « une première leçon par les urnes ». Ses partisans, et notamment la jeunesse de l’AKP, ne se seraient pas limités ã cette seule instruction. Ainsi, ã Izmir, une jeune manifestante de 17 ans a été passée ã tabac par des hommes en civil armés de bâtons ; ã Adana des échauffourées contre des manifestants ont été provoquées par l’AKP.

Inflexibles, Erdogan et l’AKP n’ont pas reculé sur le projet de construction, suspendu pour l’instant, ni sur le décret sur l’alcool qu’ils ont passé en force le 11 juin. Le Premier-ministre essaye de diviser le mouvement entre marginaux, violents et extrémistes d’un côté, et associations et mouvements responsables et partisans du dialogue, de l’autre. Pour l’instant, c’est surtout la police que l’on a vu à l’œuvre, le 11 notamment, lorsqu’elle a repris la Place Taksim aux manifestants ã grands renforts de balles en caoutchouc et de canons ã eau.

Erdogan veut faire une démonstration de force. Il veut pousser à la division de la société turque autour de la question du religieux, à laquelle elle est ramenée systématiquement, pour mieux masquer un discours de classe et la critique du pouvoir en place. L’intransigeance d’Erdogan est très révélatrice de la crainte du pouvoir de voir s’unir cette jeunesse urbaine des classes moyennes et les travailleurs : pour cela, la police bloquerait l’accès au centre ville des jeunes de la périphérie en encadrant particulièrement les banlieues stambouliotes, comme elle tente chaque jour de bloquer l’arrivage de manifestants venus de la rive asiatique de la ville pour rejoindre la place Taksim.

Le « modèle turc » en question

Une chose est sûre, le modèle turc, tant vanté auprès des voisins moyen-orientaux post-Printemps Arabes, pour sa conciliation des valeurs islamiques, d’une soumission à l’impérialisme occidental par son appartenance à l’OTAN, de la pratique d’une économie capitaliste et de la « démocratie » est largement ébranlé. Les réactions occidentales, et notamment venues des États-Unis révèlent l’inquiétude de voir cette région stratégique pour la protection des intérêts impérialistes au Proche et Moyen-Orient être déstabilisée par un mouvement de masse.

Perspectives et limites du mouvement

La crise du modèle turc, mise en lumière par les mobilisations massives, est l’expression des exigences démocratiques de ce mouvement contre les restrictions de la liberté d’expression et d’opinion, l’Etat policier, les méthodes autoritaires de l’AKP, mais également les connivences que le pouvoir entretient avec les grands patrons, qu’ils soient du BTP ou des groupes médiatiques et l’usage outrancier de la violence d’Etat par Erdogan qui a renforcé la radicalité de la mobilisation.

Aujourd’hui, le gouvernement tente de gagner du temps en usant de la matraque d’un côté et en promettant aux fractions les plus modérées de la Plateforme de Taksim de négocier. Les manifestants, eux, qui continuent ã occuper le Parc Gezi et ã manifester ã travers le pays, sont bien convaincus qu’il n’y a rien ã négocier. De l’autre côté, il y a le CHP qui espère bien tirer les marrons du feu et capitaliser le mécontentement vis-à-vis de l’AKP qui l’a chassé du pouvoir à la suite des élections de 2002. Mais l’alternative proposée par le CHP n’en est pas une. Elle n’a d’autre sens qu’une réaffirmation de l’Etat kémaliste bourgeois, né de l’oppression des minorités ethniques (les Kurdes, les Arméniens, etc.), et religieuses (les alévis, notamment) profondément autoritaire et patriarcal [3].

La satisfaction des revendications démocratiques et sociales que porte le mouvement de la jeunesse de Turquie, l’arrêt des grands projets inutiles, tout cela s’obtiendra par un approfondissement de la mobilisation contre le gouvernement AKP qui est, en dernière instance, une mobilisation contre l’Etat kémaliste. Pour ce faire, le mouvement a besoin de s’élargir à la jeunesse populaire, aux secteurs ouvriers. Les mouvements de grève que l’on a vus en milieu de semaine dernière sont un premier signal qui va dans ce sens.

Le discours de l’AKP a tenu pendant près de dix années de croissance quasi ininterrompue du pays après la crise de 2001-2002. Aujourd’hui, on voit qu’il fait eau de toute part. Pour se débarrasser d’Erdogan, de ses grands projets, de ses amis du BTP, de l’ambassade étasunienne et des représentants spéciaux de l’Union Européenne, il faudra que chaque usine, chaque atelier, chaque bureau et administration devienne une Place Taksim. Aujourd’hui en tout cas, avec le mouvement de la jeunesse de Turquie, le règne de celui qui se rêvait en « nouveau sultan » est plus compromis que jamais. C’est ça la bonne nouvelle de ce nouveau « printemps ».

12/06/2013

  • NOTAS
    ADICIONALES
  • [1Le premier soir des émeutes, alors que la Turquie s’embrasait, CNN proposait un reportage … sur les pingouins.

    [2« Répression de Renault en Turquie : 25 travailleurs licenciés pour fait de grève », 11/2012, NPA auto-critique, www.npa-auto-critique.org/ar...

    [3Atatürk, comme s’est fait appeler Mustapha Kemal, ne veut dire autre chose que "père des turcs".

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