FT-CI

De l’émotion à la colère, de la colère à la riposte !

Franc succès de la rencontre « Capitalisme, souffrance et harcèlement au travail » jeudi 21 novembre dernier ã Toulouse

26/11/2013

Franc succès de la rencontre « Capitalisme, souffrance et harcèlement au travail » jeudi 21 novembre dernier ã Toulouse

Accueillie par l’Université Populaire de Toulouse, cette rencontre s’est tenue la soirée du jeudi 21 novembre dernier (salle Osète du centre-ville) avec un public d’environ 100 personnes, militant-e-s syndicalistes, politiques, associatifs, étudiant-e-s et travailleur-ses du privé comme du public, Thalès, Airbus, la Poste, secteurs sociaux et de la santé, éducation nationale, université…

Les principaux exposés, celui d’Elisabeth DES, médecin, auteur du livre Le harcèlement au travail. Mémoire d’un combat (éd. Les Points sur les i, 2013), et celui de Vincent DUSE, notre camarade ã PSA-Mulhouse, militant à la CGT, et auteur de la Postface du livre, ainsi que l’intervention de Madame Claude POULAIN, menant actuellement procès contre Thalès pour faute inexcusable, suite au suicide de son mari (cadre de l’entreprise) en avril 2008, ont conduit, à la fois par leurs témoignages personnels et leurs analyses, ã un échange dense et chargé d’émotions. Préalablement introduits par Emmanuel Barot, enseignant-chercheur et militant ã SUD-Education, et par Jacques Giron, médecin et militant CGT, ces exposés ont d’abord permis ã des travailleurs isolés de prendre la parole pour parler de leur situation, parfois dramatique, voire tout simplement demander conseil et soutien. C’est la première réussite de la soirée : contribuer, même modestement, ã sortir ceux qui souffrent et subissent des conditions de travail dégradées et dégradantes, de leur isolement, de leur peur et de leur résignation.

Mais reconstituer, contre ce harcèlement collectif imposé par les classes dominantes aux travailleurs, une résistance collective, ressourçant la solidarité de classe et redonnant confiance et combativité ã tous celles et ceux qui, individuellement, ne peuvent qu’être broyé-e-s, suppose, au-delà des cas sans nombre que l’on peut recenser, de comprendre et de combattre une logique d’ensemble qui ne se réduit pas au sadisme de petits chefs ou managers, et qui ne peut être contrebalancée par de simples recettes « éthiques » ou « déontologiques » parfaitement hypocrites. La seconde réussite de la soirée fut ainsi, contre les propagandes qui individualisent, personnalisent, et psychologisent le problème, le processus de politisation radicale qui a progressivement animé les discussions, à l’image du titre de la rencontre : les enquêtes sur la souffrance et le harcèlement au travail, notamment suscitées depuis les années 1990 par le nombre exponentiel de suicides dans le privé comme dans le public, font maintenant partie des objets des sciences humaines et sociales. Pourtant le problème est fort ancien, il est consubstantiel au système capitaliste. Le combat emblématique mené par Elisabeth Des dans le milieu hospitalier face au « Lean Management », et les résistances ouvrières à la « toyotisation » dans l’industrie, par exemple ã PSA, par leurs similitudes profondes, ont ainsi permis de rappeler que chercher ã « moraliser » ou « humaniser » ce capitalisme est une illusion, et que c’est bien dans son ensemble, de façon structurelle et non accidentelle, que celui-ci pousse l’exploitation des travailleurs ã ses extrémités les plus terribles depuis le XIXe siècle.

La contribution que peuvent apporter ã ce combat les batailles juridiques, capables ponctuellement de faire plier les exploiteurs et de servir ã populariser la lutte,n’a été ni minimisé ni extrapolé.Cependant, il est progressivement ressorti des discussions que lutter contre cette exploitation et cette aliénation bien concrètes du travail par le capitalsupposait deux choses : non seulement un renforcement des luttes déjà existantesen les faisant converger, mais aussi une préparation de l’intervention dans les luttes et explosions ã venir.Cette réflexion collective sur le sens même du travail s’est notamment nourrie du slogan porté par le secteur actuellement en grève des travailleurs de l’hôpital public de Purpan, « Trop de travail dedans, trop de chômage dehors : pour une réduction du temps de travail ! ».

Montrer que la classe travailleuse doit progressivement reprendre conscience d’elle-même pour s’émanciper, tel était l’enjeu final de cette rencontre. Au-delà de son caractère ponctuel, il s’agissait de poser des jalons pour relier l’analyse des phénomènes de souffrance au travail à l’organisation des luttes, et pour renforcer le travail d’intervention militante dans le secteur toulousain, en se coordonnant aux initiatives déjà existantes (syndicales et associatives en particulier). C’est la tâche à laquelle il faut maintenant s’atteler.

26/11/2013

Notes liées

No hay comentarios a esta nota

Journaux

  • EDITORIAL

    PTS (Argentina)

  • Actualidad Nacional

    MTS (México)

  • EDITORIAL

    LTS (Venezuela)

  • DOSSIER : Leur démocratie et la nôtre

    CCR NPA (Francia)

  • ContraCorriente Nro42 Suplemento Especial

    Clase contra Clase (Estado Español)

  • Movimento Operário

    MRT (Brasil)

  • LOR-CI (Bolivia) Bolivia Liga Obrera Revolucionaria - Cuarta Internacional Palabra Obrera Abril-Mayo Año 2014 

Ante la entrega de nuestros sindicatos al gobierno

1° de Mayo

Reagrupar y defender la independencia política de los trabajadores Abril-Mayo de 2014 Por derecha y por izquierda

La proimperialista Ley Minera del MAS en la picota

    LOR-CI (Bolivia)

  • PTR (Chile) chile Partido de Trabajadores Revolucionarios Clase contra Clase 

En las recientes elecciones presidenciales, Bachelet alcanzó el 47% de los votos, y Matthei el 25%: deberán pasar a segunda vuelta. La participación electoral fue de solo el 50%. La votación de Bachelet, representa apenas el 22% del total de votantes. 

¿Pero se podrá avanzar en las reformas (cosméticas) anunciadas en su programa? Y en caso de poder hacerlo, ¿serán tales como se esperan en “la calle”? Editorial El Gobierno, el Parlamento y la calle

    PTR (Chile)

  • RIO (Alemania) RIO (Alemania) Revolutionäre Internationalistische Organisation Klasse gegen Klasse 

Nieder mit der EU des Kapitals!

Die Europäische Union präsentiert sich als Vereinigung Europas. Doch diese imperialistische Allianz hilft dem deutschen Kapital, andere Teile Europas und der Welt zu unterwerfen. MarxistInnen kämpfen für die Vereinigten Sozialistischen Staaten von Europa! 

Widerstand im Spanischen Staat 

Am 15. Mai 2011 begannen Jugendliche im Spanischen Staat, öffentliche Plätze zu besetzen. Drei Jahre später, am 22. März 2014, demonstrierten Hunderttausende in Madrid. Was hat sich in diesen drei Jahren verändert? Editorial Nieder mit der EU des Kapitals!

    RIO (Alemania)

  • Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica) Costa Rica LRS En Clave Revolucionaria Noviembre Año 2013 N° 25 

Los cuatro años de gobierno de Laura Chinchilla han estado marcados por la retórica “nacionalista” en relación a Nicaragua: en la primera parte de su mandato prácticamente todo su “plan de gobierno” se centró en la “defensa” de la llamada Isla Calero, para posteriormente, en la etapa final de su administración, centrar su discurso en la “defensa” del conjunto de la provincia de Guanacaste que reclama el gobierno de Daniel Ortega como propia. Solo los abundantes escándalos de corrupción, relacionados con la Autopista San José-Caldera, los casos de ministros que no pagaban impuestos, así como el robo a mansalva durante los trabajos de construcción de la Trocha Fronteriza 1856 le pusieron límite a la retórica del equipo de gobierno, que claramente apostó a rivalizar con el vecino país del norte para encubrir sus negocios al amparo del Estado. martes, 19 de noviembre de 2013 Chovinismo y militarismo en Costa Rica bajo el paraguas del conflicto fronterizo con Nicaragua

    Liga de la Revolución Socialista (LRS - Costa Rica)

  • Grupo de la FT-CI (Uruguay) Uruguay Grupo de la FT-CI Estrategia Revolucionaria 

El año que termina estuvo signado por la mayor conflictividad laboral en más de 15 años. Si bien finalmente la mayoría de los grupos en la negociación salarial parecen llegar a un acuerdo (aún falta cerrar metalúrgicos y otros menos importantes), los mismos son un buen final para el gobierno, ya que, gracias a sus maniobras (y las de la burocracia sindical) pudieron encausar la discusión dentro de los marcos del tope salarial estipulado por el Poder Ejecutivo, utilizando la movilización controlada en los marcos salariales como factor de presión ante las patronales más duras que pujaban por el “0%” de aumento. Entre la lucha de clases, la represión, y las discusiones de los de arriba Construyamos una alternativa revolucionaria para los trabajadores y la juventud

    Grupo de la FT-CI (Uruguay)