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Après le 15 novembre

Comment mettre un coup d’arrêt ã ce gouvernement austéritaire d’assassins ?

19/11/2014

Comment mettre un coup d’arrêt ã ce gouvernement austéritaire d’assassins ?

Près de 50 000 manifestants dans toute la France « contre l’austérité »

Ce samedi 15 novembre, des milliers de personnes ont manifesté contre la « politique d’austérité du gouvernement Valls » ã Paris et dans toute la France à l’appel du collectif 3A, « Alternative A l’Austérité », né de la manifestation du 12 avril dernier contre « l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses ». Ce collectif est composé de dizaines d’associations, fédérations syndicales (CGT, Solidaires, FSU) et formations politiques de gauche, allant du NPA au Front de Gauche jusqu’aux « socialistes affligés » et d’ex-députés européen PS et EELV anciens membres du gouvernement. Le mot d’ordre général de la manifestation se plaçait « contre le budget d’austérité inefficace » qui doit être voté mardi prochain à l’Assemblé. Dans la capitale, le défilé entre la place Denfert-Rochereau et l’Assemblée nationale a réuni près de 25 000 personnes. On y retrouvait, en tête de cortège, Jean-Luc Mélenchon (PG), Marie-George Buffet (PCF), Olivier Besancenot (NPA), Isabelle Attard (Nouvelle Donne), Clémentine Autain (Ensemble) ou Liem Hoang-Ngoc (socialistes affligés) qui scandaient ensemble « À ceux qui veulent nous vendre à la finance, le peuple répond résistance ! ». Une trentaine de manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de province, dont la plus grosse mobilisation ã Toulouse, avec 5000 manifestants, mais également ã Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Lyon, Metz, Nice ou encore Limoges, où les cortèges ont réuni des centaines de personnes.

A Toulouse, une manifestation qui a su lier la lutte contre la politique « anti-sociale » du gouvernement et la répression policière

A Toulouse, une semaine après l’interdiction par le préfet de la manifestation du 8 novembre contre les violences policières qui a été sévèrement réprimée par la police, avec 21 interpellations, dont 16 garde ã vue et plusieurs camarades inculpés, la manifestation, autorisée cette fois-ci, a fait l’objet encore une fois d’une militarisation de la ville. Un dispositif répressif d’envergure avait été mis en place en fin de parcours, au niveau du Monument aux morts, pour, soi-disant, éviter « tout débordement ». Le cortège, ã forte coloration syndicale, composé du Front de gauche (PCF et PG), du NPA, de la CGT, FSU, Solidaires, intermittents et cheminots, professeurs précaires, militant du DAL, notamment, a été rejoint par près de 300 « étudiants en colère » de l’université du Mirail, portant comme revendication « Du fric pour les facs et les lycées, pas pour les flics ni l’armée ! », liant ainsi la politique du gouvernement « anti-sociale » dans les facs avec la répression policière.

Subissant à la fois la politique d’austérité du gouvernement, avec les coupes dans les budgets des universités, et les violences policières, les étudiants du Mirail avaient voté, ce jeudi 13 novembre dans une AG de 1200 personnes, la participation d’un cortège à la manifestation « contre l’austérité » dans les facs mais aussi, en hommage ã Rémi Fraisse, tué par la police, contre les violences policières et les interdictions de manifester, et en solidarité avec les camarades arrêtés les 1er et 8 novembre.[mettre le lien article Tlse qq part]

Contre la stratégie de la tension pratiquée par Hollande et Valls, mettre en place une riposte de classe et de masse

A l’exception de Toulouse, où les étudiants du Mirail ont impulsé cette dynamique, on ne peut que regretter que le Collectif 3A n’ait pas choisi de reprendre également ã son compte la lutte contre le tournant répressif, liberticide et autoritaire du gouvernement. La répression, les violences policières et la politique de régression sociale de ce gouvernement ne sont que les deux aspects d’une même orientation. Si hier, c’est un jeune camarade qui a perdu la vie, tué par la gendarmerie, cela veut dire que c’est n’importe quel militant syndical ou politique qui pourrait se trouver dans la ligne de mire de la répression.

Le gouvernement, en effet, n’a pas déposé les armes. Cazeneuve a interdit l’usage des grenades offensives, mais la répression se poursuit de plus belle. A Saint-Denis, pour casser net le mouvement des lycéens mobilisés, la ville a littéralement été militarisée, les jeunes pourchassés par des flics ã cheval qui n’ont pas hésité ã tabasser les lycéens en lutte. [mettre le lien] A Rouen, les manifestants qui soutenaient les Zadistes du Testet en campant ã proximité du palais de Justice ont été violemment délogés par la police.

Dans la presse, les ministres et conseillers de Hollande font mine de « craindre une possible radicalisation des extrémistes ». Cependant, en multipliant les interdictions de manifester, en décrétant les fermetures de facs, comme ã Rennes, pour empêcher que ne se tiennent des AG, en interpellant les manifestants en marge des rassemblements, le gouvernement « socialiste » s’essaye au jeu dangereux de la stratégie de la tension.

Tout semble fin prêt pour pousser ceux qui sont les plus dégoûtés par la politique de Hollande, ceux qui sont légitimement révoltés par les mensonges de ses ministres assassins, ã faire le choix de commencer dès ã présent la confrontation, avant même que l’on soit en condition de la mener. Le pari du gouvernement, c’est d’isoler les plus radicaux, avant que toute jonction soit faite avec le monde du travail, comme cela s’est fait en France en 1968 ou, plus proche de nous, lors du combat contre le CPE, en 2010.

C’est en ce sens que la recherche de la convergence et du couplage de la dénonciation de la répression policière et sociale sont aussi importante. Elle doit être portée dans les lycées et les facs mais aussi dans les entreprises et les bureaux. C’est ce que craint le gouvernement aux abois. Le 15 novembre, ce n’était pas la tonalité dominante des cortèges, même si la mort de Rémi et les images de répression étaient présentes à l’esprit de la grande majorité des manifestants. Cela peut s’expliquer en partie par la nature même de ce Collectif dont l’appel du 15 promeut la création d’une « majorité alternative » qui pourrait permettre une « alternative à l’austérité », avec la constitution d’un gouvernement qui irait de la gauche de la gauche ã d’anciens membres du gouvernement. Mais la solution, si l’on veut sérieusement mettre un coup d’arrêt à la politique de Hollande et la répression de ses ministres, ne peut passer par une « gauche plurielle » revisitée, avec plus de frondeurs ou plus de Mélenchon, ni même par « une autre politique », avec plus de relance pour « les patrons qui font le boulot » et plus de taxe sur la finance. La Gauche plurielle, on en a soupé. Les licenciés de Renault Vilvoorde ou de Lu-Danone en savent quelque chose, C’est avec Aubry, des ministres communistes et Mélenchon au gouvernement la « gauche » a privatisé, entre 1997 et 2002, davantage que les précédents gouvernements de droite. C’est sous le gouvernement PS-PCF-Verts que la Serbie a été bombardée en 1999 et que la guerre contre l’Afghanistan a commence en 2001.

Quelle suites ã construire ?

Poussé par sa base, le principal syndicat italien, la CGIL, a dû appeler le 25 octobre a un rassemblement monstre contre la réforme du marché du travail du gouvernement « de gauche » de Matteo Renzi. Poussé par sa base, la fédération des métallos, la FIOM, a dû donner une suite ã ce premier rendez-vous, avec une journée de grève très suivie qui a été menée avec les syndicats de base et la jeunesse mobilisée dans toute la péninsule, le 14 novembre. Aujourd’hui, c’est une grève générale qui est convoqué pour le 5 décembre contre la politique anti-sociale d’un Renzi que Valls prend pour modèle. En France, c’est un programme de lutte qu’il nous faut également ! Mais aucun appel ã un mouvement de grève pour commencer ã mettre en mouvement le monde du travail n’est prévu par les organisations du collectif 3A. Ce serait pourtant la première étape pour ce qui pourrait permettre de commencer ã créer un rapport de force avec le gouvernement de façon à le faire reculer.

A Toulouse, la jeunesse étudiante a su indiquer des perspectives pour s’opposer ã ce gouvernement qui gave les patrons, arme ses flics, mais nous matraque ã coup de politiques anti-sociales. A Paris, dans les quartiers populaires du Nord de la capitale, les lycéens ont répondu présents pour contrer les provocations de ce gouvernement.

Le collectif 3A et ses organisations continuent, elles, ã maintenir l’idée de manifestations ponctuelles le weekend, alors qu’il faudrait des mobilisations d’une toute autre ampleur appelant à la grève pour commencer ã mettre le monde du travail en mouvement et ã construire une alternative de classe et de masse ã ce gouvernement dangereux et anti ouvrier, contre le Pacte de Compétitivité, contre le chômage et les licenciements, contre la répression et les violences policières.

C’est l’enjeu des prochains jours, de la journée du 20 novembre où, localement, dans le 93 et ã Toulouse, enseignants, lycéens et étudiants se retrouveront côte ã côte pour dire non à la casse de l’éducation et à la répression, mais aussi le 22 novembre, dans le cadre de la manifestation nationale contre les violences policières. Le gouvernement n’a qu’une peur : que se rassemble en un même combat le ras-le-bol jeunes, des étudiants et des travailleurs. Les prochaines échéances sont autant d’occasions pour mettre en place cette bagarre.

17/11/14

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