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Travailleurs de l’automobile

Argentine : Un exemple de lutte contre les licenciements

03/06/2014

Argentine : Un exemple de lutte contre les licenciements

Gestamp est une multinationale espagnole, sous-traitant de la production automobile. Face à la crise de cette branche, la compagnie avait commencé par imposer le chômage technique puis, face à la résistance des travailleurs la direction décide de licencier 67 travailleurs. L’usine de Gestamp, située dans la banlieue Nord de Buenos Aires, produit pour l’ensemble des usines de l’automobile en Argentine. Même si les travailleurs en conflit sont ceux de la ligne de montage qui produit pour Volkswagen (l’usine la plus touchée par la crise), c’est l’ensemble de la production de Gestamp qui est touchée.


Les travailleurs de Gestamp ne se voient pas confrontés seulement au patronat et à l’État argentin qui le protège, mais aussi à la bureaucratie syndicale du SMATA (syndicat de l’automobile) qui a, d’un côté, accepté le chômage technique dans toutes les entreprises du secteur et de l’autre, organisé un gang pour briser les piquets de grève que les travailleurs ont organisé ã plusieurs reprises.

Depuis samedi 24, lors de la Rencontre du Syndicalisme Combatif de la Banlieue Nord de Buenos Aires [1], qui oblige la direction de Gestamp de suspendre les licenciements le temps de la négociation. Cette résolution a ouvert une crise entre le gouvernement provincial et le national. Ce dernier plus favorable à la répression du conflit mais le Scioli, le gouverneur de la province de Buenos Aires, ne veut pas mettre en danger son futur politique. Les portes-paroles du gouvernement provincial se sont justifiés en disant que « On ne pouvait pas évacuer les travailleurs sans risques concrets de blesser gravement quelqu’un ». Même les pompiers, qui étaient présents à l’intérieur de l’usine, disaient qu’il pouvait y avoir des morts en cas de répression. Des filles de disparus pendant la dernière dictature ainsi que le prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquivel, se sont mis à la tête d’un front unique démocratique faisant monter le coût politique d’une répression qui devait faire face ã des piquets de grève bien organisés, avec 6 équipes, jour et nuit. Cette « médiation obligatoire » a été reçue par les travailleurs comme une victoire, car elle oblige la direction ã reculer, laisse la bureaucratie syndicale du SMATA ã contre-pied et permet de gagner du temps et organiser les travailleurs pour continuer la lutte. Certes, le conflit de fond n’est pas résolu, mais le rapport de forces change et les travailleurs sont en meilleures conditions pour arracher une victoire à la direction. Lundi sera une journée centrale, car il faudra voir si la direction permet l’entrée des travailleurs licenciés ou décide de ne pas respecter la médiation obligatoire. C’est pour cela que les travailleurs ont appelé ã une mobilisation aux portes de l’usine pour leur permettre d’y entrer, parce qu’après le decret de la médiation obligatoire le ministre de la production d’abord et le SMATA et la direction de Gestamp ensuite, s’y sont opposés publiquement. La lutte n’est pas finie !

On reproduit à la fin, le communiqué de presse d’un des travailleurs, militant du PTS, qui occupait l’usine.

01-06-2014


A Gestamp, ni la répression, ni la faim, n’attaquent le moral des ouvriers !

Jonatan Ros

Le mardi, très tôt, neuf des 67 licenciés de Gestamp sont rentrés dans l’usine. Ils ont courus jusqu’au pont roulant [2]. La police n’a pas réussi à les attraper malgré les tentatives. Des centaines de policiers étaient présents sur la zone et dans l’usine, la Gendarmerie s’était déployée, menaçante, sur l’autoroute Panaméricaine, avec ses chevaux, ses chiens, ses camions, et les canons ã eau. Mais tout cet arsenal de répression ne put rien face aux neuf ouvriers qui ont su les prendre ã revers et grimper au point le plus haut pour se réfugier et admirer les responsables enragés, les gardes de sécurité, le « gang » payé par la bureaucratie syndicale, et les policiers. Depuis là haut, se sont installés les neuf valeureux. Dehors, des dizaines de camarades se sont installés au niveau des endroits stratégiques pour couper le passage ã tous les camions qui voudraient rentrer ou sortir de cette énorme usine. C’étaient d’autres groupes de licenciés qui tenaient ces piquets. Ainsi, ils s’étaient divisés les tâches entre ceux à l’intérieur et ceux de l’extérieur, mais toujours unis par la même lutte. Incroyable quand on pense ã ce que la bureaucratie de la SMATA avait déclaré pendant son audience au ministère provincial, comme quoi le conflit n’existait pas ! Ces gens sont bien incapables de savoir ce qu’il se passe vraiment !

A l’aube, il y avait déjà trois piquets installés, et les neuf camarades avaient fait en sorte que la ligne de montage soit paralysée. Cela a obligé le patron ã paralyser également le reste des lignes. Le procureur Facundo Flores, qui auparavant avait demandé la perquisition du local de HIJOS [3], a menacé les camarades de les poursuivre en justice. Cela ne les a pas intimidé. En représailles ils refusèrent de leur donner de l’eau et de la nourriture. Mais les camarades restèrent de marbre. Dans l’après midi, les piquets se sont renforcés, et est arrivée la grande nouvelle : l’usine VolksWagen a dû fermer du fait de la lutte des camarades. Durant la nuit, les licenciés ont réussi ã ce que l’on leur envoie de l’eau et un peu pour manger.

Ils ont dû marcher sur les poutres, risquant leur propres vies pour que le procureur et l’entreprise consentent à leur donner quelque chose. Mais le moral s’est maintenu et s’est regonflé quand, depuis l’extérieur, ils pouvaient entendre les chants et le bruit des casseroles frappées par des dizaines de femmes qui arrivaient à l’entrée, et de ceux qui étaient là pour les soutenir. Ainsi passa la nuit, dans le froid, protégés par des cartons, mais réchauffés par la fierté. Tôt le mercredi, la police a commencé ã menacer de faire sortir un camion. Le « gang » du SMATA est passé dans la zone pour faire monter la pression en disant qu’ils allaient s’occuper de la sortie du camion. Les piquets se sont de nouveau renforcés, jusqu’à être au nombre de cinq, distribués au quatre coins de l’usine. La police est parvenue ã ouvrir une nouvelle entrée en cassant le grillage et en abattant des arbres, mais rapidement d’autres camarades se sont positionnés pour les bloquer en brûlant des pneus. La tentative de répression fût un échec. Dans l’après midi, la situation est devenue plus tendue. Ça faisait quasiment un jour que les camarades n’avaient quasiment rien bu ni mangé. A dix-sept heures, Elia Espen, une des figures des Mères de la place de Mai, est arrivée, accompagnée de Victoria Moyano et d’Alejandrina Barry, petite-fille restituée et fille de disparus. Avec eux, il y avait également Cachito Fuckman de l’Association des anciens détenus disparus. Ils ont demandé ã entrer pour apporter de la nourriture et de l’eau aux licenciés. En même temps, un groupe de camarades ont commencé une grève de la faim à la porte d’entrée. L’entreprise ne les a pas laissé entrer, et ne les a pas reçu. Cette dernière voulait casser les salariés par la faim et a seulement consenti ã s’entretenir avec Elia Espen par téléphone. La colère est montée et on chantait « Gestamp, ordure, on est venu te dire que la dictature c’est terminé ! ».

Après ça, un groupe de fonctionnaires envoyé du ministère du travail de la province est arrivé pour tenter une négociation. Les militants des Droits de L’Homme ont fait parvenir de la nourriture et de l’eau ã donner aux salariés. Les patrons ont affirmé qu’ils allaient faire leur possible pour que cela arrive dans les mains des salariés. L’entreprise et le procureur avaient fait appel à la notion de propriété privée, pour pouvoir contrôler l’entrée de nourriture. Ils ont fini par céder devant le bruit du scandale. La politique, scandaleuse, de vouloir casser des salariés en lutte, par la faim et la soif, a été totalement déconfite. Du coup, l’ambiance, bien meilleure, était à la fête. A la tombée de la nuit, une bonne nouvelle tomba : Ford ne reprendra pas non plus le travail le jeudi. VW banalise la journée de jeudi, manque de produits intermédiaires.

Les infos sur ce qui était devenu une grande bataille sont sortis à la TV. Le conflit montre ce qui se passe actuellement dans l’industrie automobile, il a mis en lumière le fait que les entreprises licencient des dizaines d’ouvriers, ã peine les premiers signes de la crise se faisant sentir, après avoir engrangé des millions. Pignanelli, de la SMATA, a dû changer de discours et prétendre être très « remonté » de voir « ses enfants » licenciés. A Gestamp, « ses enfants » luttent plutôt malgré lui et la SMATA qui leur ont envoyé un « gang » à la porte de Volkswagen, quand les ouvriers ont voulu dénoncer la situation. Jeudi dernier, les camarades sont revenus avec les ouvriers de Lear, qui, eux aussi, ont subi des attaques, avec à leurs côtés plus de 300 jeunes et de travailleurs : Le gang a dû se cacher.

Le piquet à l’extérieur s’est rempli de travailleurs et d’étudiants. D’importantes délégations de Lear, de Donnelley, Kraft, Pepsico, STANI, Unilever, Siderca, mais aussi des enseignants, de Rioplatense, de Fate et d’autres usines alentours se sont joints ã eux. Ce sont ces camarades qui ont organisé la Rencontre Syndicale Combative du samedi 24 mai. Le mardi s’était tenu dans le piquet une réunion des membres de la rencontre de la Banlieue Nord pour discuter des modalités de soutiens à la lutte de Gestamp. Durant la Rencontre avait été votée comme première résolution l’appui ã cette lutte et la présence des camarades au piquet du mardi matin. C’est de cette manière que les choses se sont déroulées. Le journal Clarin [quotidien de la presse bourgeoise argentine] a publié des images du piquet et de la banderole de la Rencontre qui flottait au dessus des pneus enflammés. S’ils s’attaquent à l’un d’entre nous, ils s’attaquent ã tous, et voilà pourquoi nous sommes tous ã Gestamp.

C’est une lutte très dure mais elle a été menée avec force et courage. Les salariés menacés de licenciement qui sont à l’intérieur et ceux qui résistent depuis l’extérieur sont une fierté pour ceux qui luttent. Voilà pourquoi travailleurs et étudiants de la banlieue nord et de l’université de Buenos Aires (UBA) sont venus apporter leurs soutiens. Les militants du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) et la jeunesse du parti ont été en première ligne dans l’organisation politique, et largement majoritaire au moment où il fallait tenir les piquets. Nos militants y ont été par centaines. Notre camarade Agustin Comas est un des avocats des travailleurs de Gestamp.

A la clôture de cette édition, l’usine est toujours fermée, les travailleurs plus que déterminés. Une page de l’histoire pourrait bien s’écrire alors que les deux grandes usines de l’automobile qui concentrent près de 8.000 ouvriers ont arrêté leurs machines, paralysées par cette grande lutte. Il ne manque pas de raisons pour la soutenir. Tout notre engagement et notre soutien militant est mis au service de son succès.

29-05-2014


Roberto Amador, à la sortie du pont roulant de Gestamp : "C’est une grande victoire, on a arraché le médiation obligatoire avec tous les licenciés réintégrés"

(Escobar, 31/5/14) Roberto Amador, un des 9 travailleurs qui sont restés pendant plus de 4 jours sur le pont roulant de gestamp réclamant leur réincorporation a déclaré : « C’est une grande victoire, car grâce ã notre lutte on a arraché la médiation obligatoire au ministère de travail de la province de Buenos Aires, avec tous les licenciés dans leur poste de travail pendant 15 jours ouvrés. C’est ce que le SMATA refusait d’exiger depuis le début de notre lutte face aux licenciements injustes et discriminatoires ».

Il a jouté que « on a démontré à la direction, au SMATA et aux gouvernements national et provincial, que la lutte des travailleurs peut vaincre tous ceux que veulent que la crise soit payée par les travailleurs. On va s’organiser pour assurer que lundi la direction respecte la résolution du ministère ».

Il a fini par signaler qu’ « on remercie l’énorme solidarité et soutien qu’on a reçu. Des dizaines d’organisations de travailleurs, associations et personnalités des Droits de l’Homme, députés provinciaux et nationaux, travailleurs et étudiants de la région et de tout le pays, sont venus aux portes de l’usine. Ils ont dénoncé les traitements inhumains qu’on a subi de la part de la direction, qui refusait de nous donner ã manger et qui a coupé l’électricité. Ils nous ont donné du courage. La victoire nous appartient ã tous. Je veux mentionner spécialement les commissions internes de Kraft, Donnelley, Pepsico, Lear, Printpack, Unilever, tous les militants ouvriers de la Rencontre du Syndicalisme combatif de la banlieue nord de Buenos Aires et tous mes camarades du PTS qui, avec d’autres organisations, ont assuré les piquets de grève jour et nuit pendant ces 4 longues journées qu’on a passé sur le pont roulant. On veut dire ã tous les travailleurs et militants qu’il ne faut pas baisser les bras, qu’on peut s’opposer à l’arrogance des patrons et aux trahisons de la bureaucratie syndicale »

  • NOTAS
    ADICIONALES
  • [1Voir : « Argentine : l’organisation de l’avant-garde ouvrière et du trotskysme s’approfondit », http://ccr4.org/Argentine-l-organisation-de-l-avant-garde-ouvriere-et-du-trotskysme-s-approfondit], la lutte s’est approfondie. Cet article raconte les premiers jours de l’occupation de l’usine qui a obligé l’arrêt de la production chez Volkswagen, Ford et PSA, par manque des produits intermédiaires fabriqués par Gestamp. Face ã cette situation, qui menaçait d’affecter aussi Fiat et General Motors, les pressions contre les travailleurs ont augmenté. La bureaucratie du SMATA a condamné publiquement la lutte des travailleurs licenciés, la justice et la police menaçaient chaque jour d’une répression et le gouvernement en faisait autant. Le gouvernement a dû discuter de cette grève dans des réunions et Cristina Kirchner a publiquement et explicitement condamné cette lutte.

    Mais finalement, le samedi 30, le gouvernement provincial a dû, malgré lui, décréter la « médiation obligatoire »[[La médiation obligatoire est une mesure légale qui oblige, lors d’un conflit, aux patrons et aux travailleurs de négocier, tout en arrêtant les mesures qui ont causé ce conflit. Ainsi, lors des luttes « offensives » des travailleurs, cette mesure bénéficie aux patrons, car les négociations se font avec une production normale. Quelques fois, dans des cas des luttes « défensives », peuvent en quelque sorte bénéficier les travailleurs, car, par exemple, face aux licenciements, les négociations se font avec les travailleurs licenciés au travail.

    [2Le pont roulant est le cœur de l’usine. Sans lui, la production est impossible

    [3Association des fils de Disparus pendant la dernière dictature militaire

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